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Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander]

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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Sam 26 Mar - 22:50

Anna croisa les bras contre sa poitrine, comme pour se donner plus d’assurance. Elle prit aussi le temps de respirer profondément, quoi qu’en bougeant le moins possible. Il la regardait, il aurait surement trouvé étrange de la voir agir ainsi. Elle rejetait gentiment une proposition implicite, c’était bien le cas de le dire, elle n’avait pas besoin de respirer. D’ailleurs, elle n’était pas très convaincante dans ce rôle. Mince. Il fallait donner un peu plus de corps à ce personnage, alors elle passa la main dans ses cheveux, et regarda un instant ses pieds avec un sourire gêné. Puis, elle plongea de nouveau son regard dans celui de son interlocuteur. Il avoua. Ah, voilà qui était mieux. Bien plus normal ! Elle se frotta la nuque d’une main et remis rapidement son bras sur sa poitrine. Il fallait vraiment qu’elle se calme. Elle en venait à se réjouir d’éconduire un inconnu, alors qu’elle avait ardemment souhaiter lui plaire, parce qu’elle croyait qu’il avait deviné son secret. A des milles du comportement d’une fille normale. Et puis comment un moldu pourrait-il deviner ? Elle avait seulement failli sortir un bout de bois. Il y aurait vu une maladie mentale, à la limite, pas de la sorcellerie. Et pourtant elle l’attirait bien. Elle l’attirait. Elle reporta brusquement son attention sur le jeune homme. Ah bon… Elle avait plutôt l’habitude de passer inaperçue. Elle n’avait rien qui sortait de l’ordinaire, ne ressemblait pas à un mannequin et agissait discrètement. Mais il l’avait trouvé jolie. Et il l’avait draguée – sans qu’elle s’en rende compte bien entendu – dès qu’elle était entrée dans la boutique. Pour la première fois elle se surprit à détailler la personne en face d’elle. Il était grand, fin mais avait des muscles dessinés sous son tee-shirt. Ses yeux étaient aussi jolis, bleu gris, couleur rare pour qu’un d’aussi brun. Ce n’était clairement pas désagréable. Ceci mit en valeur par des vêtements modernes… Elle se mit à rougir. Dès qu’elle s’en rendit compte, elle tenta de l’effacer mais bien entendu cela ne fit qu’empirer. Bon, elle s’égarait. Heureusement pour elle, il ne sembla pas y faire attention et proposa de lui trouver un livre pour de bon. Elle lui emboita le pas alors qu’il changeait d’allée. Elle put alors se calmer. C’était idiot, elle n’était pas comme ça, à regarder les garçons et prier pour attirer leur attention, à les détailler jusqu’à en trouver un à son gout. Mais elle lui plaisait et cela la faisait trop réfléchir. Elle n’avait pas l’habitude de plaire à ce genre de garçon. Il lui était arrivé d’avoir des… "soupirants", un élève plus jeune à Poudlard ou un habitué de la librairie où elle donnait un coup de main. Seulement en général, ces garçons étaient moins beaux, plus mal dans leur peau, moins intéressant. Elle n’avait jamais plu à quelqu’un qui lui plut aussi. Tais-toi bordel ! Elle allait prendre ce livre, le premier qu’il lui proposerait, peu importe lequel. Elle allait le prendre, et s’en aller. Sa mère l’attendait surement, choisir un jeu vidéo ne devait pas être si difficile. Parce que là, cela n’allait plus du tout. Elle pensait à n’importe quoi. Elle recommença à détailler le garçon. Ce fut à ce moment-là qu’elle lui sauta aux yeux : une cicatrice, deux lignes de ce qu’elle en voyait, alignées sur son bras. Un loup-garou. Il s’arrêta devant une étagère et lui présenta un bouquin. Elle n’écouta aucun de ses mots. Mais bien sûr, cela expliquerait tout ! Sa connaissance du monde magique malgré qu’il ne soit pas allé à Poudlard. Cette cicatrice ressemblait drôlement à une griffure, une griffure d’un gros animal, très gros. Genre un loup-garou. Par Merlin, elle devenait folle. Ce serait complètement délirant.

- Qu’avez-vous fait à votre bras ? demanda-t-elle brutalement.



HRPG : Alexander doit encore me confirmer 2-3 détails.
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Lun 28 Mar - 18:35

Anna.

Elle était jolie. Vraiment jolie et réelle. Le peu de rencontres que j'avais eues ces derniers temps s'étaient soldées par des échecs. Je n'étais pas à l'aise, dû à ma nouvelle condition et les demoiselles ne se pressaient pas pour me rencontrer. Et puis d'ailleurs pour être honnête, je m'en fichais un peu. Mais Anna, cette fille si peu ordinaire, m'avait tapé dans le cœur et dans l'esprit. Même si je me persuadais que je la draguais pour savoir qui elle était vraiment, rien ne m'empêchait qu'elle me plaisait.

Ce constat était pourtant si difficile à admettre et à comprendre. Personne n'était au courant de ce que j'étais devenu. De ce que je devenais chaque nuit de pleine Lune. Gwenäe n'en savait rien, ma mère et mon beau-père non plus. Pour eux, j'étais juste parti pour apprendre la vie et me connaître. Le truc typique de tout adolescent en perdition. Non, j'avais juste fui pour ne pas leur faire du mal et les préserver de ce qui m'était arrivé.
Mais n'étais-je pas finalement un danger pour les autres ? Pour Elle ? Pour Anna ?

C'était pour cela que je préférais lui donner un livre et qu'elle s'en aille. Que nous en restions là. Que je reste pour elle Alexander, le vendeur de livres et de rêves, et elle, la jeune fille si jolie qu'il m'était presque impossible de l'oublier. J'en étais à regarder un livre pour Anna, quand cette dernière sonna le glas malgré elle. Une seule question lâchée si abruptement, que je me retournais vers elle, la fixant de mon regard gris-bleu. Je pus remarquer à loisir, que mon tee-shirt avait dévoilé ce que je craignais le plus. Ma cicatrice. Le fait que j'étais devenu un Monstre. L'aspect rosi sur ma peau pâle.
Je restais donc un long moment à la toiser d'un regard sans expression, ne sachant que répondre à une interrogation pourtant si facile.


Dis-lui. Ou ne dis rien, mais ne reste pas planté comme un couillon.

Mon regard s'éternisait à droite et à gauche, conscient qu'il y avait trop d'oreilles autour de nous pour dire quelque chose. Si seulement, je parvenais à avouer quelque chose. Jetant un œil dans les allées immenses de la Librairie, je pus voir que mes collègues étaient tous occupés et que ma patronne n'était pas là pour me faire une quelconque remarque.

- Venez avec moi. Chuchotais-je à l'adresse d'Anna, tout en s'emparant de l'une de ses mains pour l'attirer vers moi et vers mon sanctuaire secret. Nous marchâmes vers le fond de la Librairie, fond qui accueillait la réserve de cette dernière.

Face à la porte, je passais mon badge pour déverrouiller le sas et nous nous retrouvâmes à l'intérieur. La réserve était immense, remplie de cartons et d'une lumière blafarde, qui lorsque nous restions un long moment enfermé, nous faisait mal aux yeux quand nous ressortions à l'air libre. Il y avait malgré tout, toujours un temps d'adaptation.
Je soupirais tout en fermant la porte. Je rassurais mon interlocutrice en lui souriant d'un air sincère et lui intimais de prendre place sur la chaise présente au centre de la réserve. Tandis que je prenais place sur le tabouret de fer, face à elle.


- Je préférais qu'on s'éloigne des personnes.

Inspiration. Expiration. Sourire. Regard dans le vague. Regard dirigé vers Anna.

- Mon bras a eu un souci, il y a de cela deux années en Albanie. Quelque chose de très gros m'a mordu.

Tu lui fais confiance ?

Pourquoi pas ?

Si jamais elle hurle quand tu lui avoues tout, je te jure, je la zigouille.

Mon regard se reporte sur Anna, tandis que je touche l'emplacement rosé où se présente ma cicatrice sur mon bras clair. Lentement je prends l'une des mains d'Anna et la pose sur cette cicatrice, que je déteste. Qui fait partie de moi mais que je hais.

- D'après vous, quel "animal" aurait pu me faire une cicatrice pareille ?

Je souris tristement tandis que je la regarde. Lui avouer ce que j'étais ? Lui dire qu'en Lycan je me transformais chaque nuit de pleine Lune ? Lui apprendre que moi le simple humain, je n'en étais plus vraiment un ?

Merde.

Comme tu dis.

- Ne soyez pas effrayée, je ne vous veux aucun mal. Je vous l'assure. Vous me plaisez beaucoup et je vous apprécie vraiment.

C'était vrai. Je l'appréciais beaucoup. Beaucoup trop. J'étais égoïste de la retenir avec moi. Horrible d'avoir de telles pensées envers Elle.

D'être Moi.
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Lun 25 Avr - 17:19

Tu deviens barge ma pauvre fille. Un loup-garou, mais bien sûr ! Et il cachait sans doute un hippogriffe dans l’arrière-boutique, au cas où il aurait un petit creux pour le gouter. Oui, elle était au courant que les loups-garous sont des hommes normaux dans la journée et qu’ils ne mangent pas d’hippogriffe. Normalement. Elle aussi avait suivi les cours à Poudlard, pas besoin du rappel ! Cette erreur illustrait donc parfaitement l’absurdité de la situation. Enfin, la situation telle qu’elle l’envisageait. Dans sa tête. Bref.

Il se retourna vers elle et la fixa. Elle avait vu juste ! Anna chassa immédiatement cette pensée de son esprit. Il fallait qu’elle arrête ces pensées folles, qu’elle raisonne de manière logique. S’en était assez des bêtises. D’ailleurs, si l’on y réfléchissait calmement, elle ne pouvait que se tromper. Les chances qu’elle croise un sorcier dans un boutique moldue, même au cœur de Londres, étaient assez faibles. Ils étaient en plein milieu de l’été, les rues étaient remplies de touristes et les sorciers avaient mieux à visiter. Les chances qu’un sorcier ait choisi un emploi de ce type n’étaient pas plus élevées. Alors s’il fallait en plus que ce sorcier soit un loup-garou ! Rien n’est impossible, mais tout de même. Il était hautement improbable que ce soit le cas. Donc pour faire simple, ce n’était pas un loup-garou. Question de logique.

Puis il lui intima de le suivre. Il lui prit la main et l’entraina à sa suite. Ils parcoururent quelques rayons, marchant vite, zigzagant dans le magasin. S’il connaissait le chemin, elle se faisait surprendre par leurs changements de directions et se prit quelques angles. Un pied qui trainait un peu trop et accrochait un meuble, manquant de la faire tomber, ou l’inertie qui la poussait un peu trop vers le meuble d’en face. Ce n’était rien de moins que l’habituel, elle n’était pas très douée dans le déplacement de son corps. Et puis, elle était bien trop occupée à paraitre calme. Respirer lentement, calmer les battements de son cœur, garder un visage détendu. Donc là, en toute logique, il l’emmenait à l’écart pour trouver une ambiance intimiste et lui raconter la fabuleuse histoire de sa cicatrice. Il lui raconterait comment il était parti camper avec ses amis, et comment il les protégea tous d’un ours affamé. Le but de la manœuvre était bien sûr de l’impressionner, parce qu’il la trouvait « vraiment jolie » et que c’était surement son truc. Et à vrai dire, elle n’était pas plus à l’aise que s’il allait li avouer être un loup-garou. Cette situation était vraiment étrange.

A sa décharge, la réserve dans laquelle il m’emmena était… Elle aimait beaucoup les livres, elle adorait les livres même. Et il y en avait des tonnes. Elle aimait se balader dans les librairies, mais leur réserve semblait encore mieux. Seule, elle aurait pu passer des heures ici. Il n’y aurait d’ailleurs rien pour la distraire, pas un bruit, pas une âme. Elle remarqua alors la lumière blafarde et du admettre que la situation se prêtait bien à ce qu’il s’apprêtait à faire. Il lui indiqua une chaise et la sortit de sa rêverie par la même occasion. Non mais qu’est-ce qu’elle faisait là ? Depuis quand suivait-elle un inconnu dans un coin sombre à l’abri des témoins ? Il pouvait avoir des intentions bien moins nobles. Et si sa mère venait la chercher au magasin ? Décidément, elle faisait n’importe quoi aujourd’hui. Peut-être devrait-elle s’esquiver.

- Je préférais qu’on s’éloigne des personnes.

Sans blague ! Elle aurait pu rire devant sa bêtise. Bizarrement, elle n’avait plus du tout envie d’être là. Elle se fichait de savoir qui il était, pour le moment elle savait juste qu’il était étrange. De toute manière, elle ne le rêverait surement jamais. D’après ses conclusions, il était sans doute moldu et elle partait à l’université à la rentrée. Le plus sur serait de faire demi-tour et de rentrer chez elle. La conversation la mettait mal à l’aise, elle évitait son regard. Bon, elle allait compter jusqu’à 10 calmement, puis elle se lèverait. 1… 2… 3… 4… « Quelque chose de très gros ». Il capta de nouveau son attention. La jeune fille était perdue, elle ne savait plus du tout quoi penser. Il y avait un truc derrière ce « quelque chose », il insistait trop sur ces mots, s’arrêtait dessus. Elle le laissa prendre sa main sans changer d’expression. C’était à peine plus bizarre que tout le reste après tout, et elle faisait déjà de son mieux pour maitriser ce qu’elle laisser filtrer de ses pensées. Elle respirait lentement, affichait un visage impassible. Ses doigts rencontrèrent la peau du garçon mais elle fixait son regard. Le potentiel sensuel de la scène était énorme mais elle était bien trop occupée à réfléchir pour le ressentir. Il en rajouta une couche, lui demandant de deviner quel animal était-ce. Et de nouveau, il insista sur le mot animal. Comment ne pas voir le sous-entendu ? En plus, que savait-elle des animaux présents en Albanie ? Elle n’en avait aucune idée !

Puis il tenta de la rassurer, ajoutant qu’elle lui plaisait. La sorcière retira sa main et s’adossa contre sa chaise, mettant un peu de distance entre eux. Il faisait des sous-entendus, mais continuait à la draguer. Cela n’avait aucun sens. Que lui voulait-il ? Il ne se lançait dans aucune histoire, mais elle ne pouvait pas pour autant lui sortir sa théorie. Si elle se trompait, il la prendrait pour une folle. L’avantage était que cela refroidirait surement ses ardeurs. Mais cela revenait aussi à admettre l’existence de créatures magiques, et donc du monde magique. Est-ce qu’elle trahissait le secret de cette manière ? Après tout elle n’affirmait rien, et ce n’était que des mots, comment qui que ce soit l’apprendrait ? Peut-être qu’ils le pouvaient. En même temps, elle ne savait rien de leurs sortilèges de protection. Mais les loups-garous n’étaient pas propres au monde sorcier, ils faisaient aussi partie de la culture moldue.  Oh, et mince ! Elle croisa les bras sur sa poitrine.

- Je ne sais pas qu’elle animaux se baladent en Albanie moi. Quelque chose d’agressif j’imagine.

D’agressif il y avait surtout son ton. Pauvre garçon, ce n’était pas vraiment de sa faute. Tout cela était trop compliqué, elle commençait à en avoir marre. Ce n’était pas la journée qu’elle avait imaginé.

- Vous vous êtes peut-être fait attaqué par un loup-garou, poursuivit-elle avec défi.
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Mer 29 Juin - 22:32

De l'extérieur, je devais sûrement passer pour un fou. Celui à qui il manque quelque chose et qui n'a d'autre moyen pour draguer ses conquêtes que de les impressionner. Je le certifiais encore et toujours, Anna me plaisait. Il y avait quelque chose en elle de mystérieux, mes sens étaient en éveil et j'étais du moins persuadé qu'elle n'était pas une simple humaine.
Je ne le suis plus non plus d'ailleurs. Chaque nuit de pleine lune, mon corps se tord de douleur sous l'influence de l'astre sélénique. Et je hurle à la mort. Littéralement. Jusqu'à présent, je n'ai fait de mal à personne, jusqu'au jour où malheureusement, je ne pourrais plus contrôler cette Bête qui fait partie de moi. Je me suis éloigné de ma famille pour ça, pour ne pas les impliquer dans une tuerie dont je serais le seul responsable.

Mes collègues aussi, ne savent rien de ma nouvelle condition. Pour eux, je suis simplement Alexander Hamilton. L'employé modèle qui ne fait pas d'histoire et qui fait ce qu'on lui dit de faire avec une passion dévorante. S'ils savaient. S'ils savaient une once de ce que j'étais, me feraient-ils encore confiance ? Seraient-ils à même d'aimer ce que je suis devenu ? Ce qui va faire parti de ma vie, jusqu'à mon dernier souffle ?
Vont-ils penser que je suis encore un humain, égal à eux ? Ces questions sont une sempiternelle ritournelle, à laquelle je fais face, chaque nuit quand j'essaye de trouver le sommeil.

Personne ne sait et j'aimerais pourtant divulguer ce secret qui me ronge. Faire confiance à une personne qui ne me croira pas fou. Et envers qui j'aurais toute confiance.


Gamin. Aidan. Il sait lui, pas la peine de le dire à la nénette en face de toi là. Déjà qu'elle pense que c'est un plan bien foireux que tu es en train de lui faire ...

Anna. Je l'avais totalement oubliée, alors qu'elle était bien là, présente sur sa chaise, attendant mes paroles. Il était vrai que si j'avais été une fille et que je me serais retrouvé face à un énergumène étrange, prétextant un lourd secret pour me retrouver avec lui, j'aurais fui. Tout simplement. Et ceci, accompagné d'une jolie gifle dans sa figure pour parapher mon glorieux départ.
Qui étais-je pour la séquestrer ainsi dans notre réserve, contre son gré ? Pestant contre ma bêtise et mon inconstance manifestes, je fus néanmoins tiré de ces fâcheuses pensées par l'une de ses questions qui eut tôt fait de me faire changer d'expression. Elle avait mis l'accent sur quelque chose et sans le savoir, devait déjà deviner à mon regard gris-bleu qu'elle avait malheureusement raison.


Voilà, Gamin. Qu'est-ce que j'avais dit ? A lâcher des indices à tort et à travers. Elle sait ce que nous sommes.

La ferme !

Ne me dis pas de me taire. Si à cause d'elle, tu te fais disséquer sur une table d'opération, ça va pas le faire. Et je crois que j'ai mon mot à dire sur l'affaire.

Mon regard gris-bleu scrutait Anna sans sourciller. Je n'avais toujours rien dit, conscient qu'il m'était difficile d'énoncer ce que j'étais, sans avoir de conséquences. Elle me plait, elle pense que je la drague ouvertement et que je veux l'impressionner.
C'est souvent ce que se disent les filles à propos des garçons qui tentent une approche et qui se font remballer comme une vieille paire de chaussettes ... J'allais retourner ma veste et nous nous quitterons ici.

Je serais Alexander. Elle sera Anna.


- Je vous ai amenée ici, pour être seul avec vous. La Librairie n'était pas assez intimiste pour un rapprochement. Veuillez m'excuser si mes manières s'avèrent un peu brusques, mais quand une fille me plait, je peux dire que je ne réfléchis pas vraiment ...

Léger rire de façade, tandis que je me relevais, conscient qu'elle devait me prendre pour un taré. Elle ne reviendrait plus à la Librairie, et je la comprendrais parfaitement. Je la regardais encore, fixant ces iris que je ne verrais plus et que le Destin m'empêcherait de revoir, car je deviens trop dangereux.

Elle me plait.
Ça me rend fou.
Je dois rester secret.


Mais je suis perdu. Perdu avec l'envie de lui avouer et le fait de garder mon anonymat et de ne pas courir le risque, de me retrouver une balle en argent fichée dans la boîte crânienne. Je déglutis, j'ai chaud, j'ai des sueurs froides, comme lors d'un premier rendez-vous avec la fille qui nous plaît et à qui on ose rien dire.


Fais quelque chose Gamin !

La seule chose que j'ai trouvé, c'est de la prendre dans mes bras, doucement sans qu'elle ne s'effraie. Je pouvais sentir son cœur et son pouls s’accélérer sous la surprise. J'inspirais un grand coup et fermais les yeux, conscient de ce que j'allais lâcher comme bombe.

- Je suis quelque chose d'affreux chaque nuit de pleine Lune.

Les mots ainsi lâchés avaient comme un goût de fiel et de cendres brûlées.

Tu l'as dit Gamin.






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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Jeu 11 Aoû - 19:19

Et là, ce fut gênant. Il ne dit rien. Rien du tout. Pendant quelques minutes, il resta silencieux en la fixant. Elle commença par le fixer elle aussi dans les yeux, puisant dans l’assurance que lui conférait son agacement. Il ne se pressa pas plus pour lui répondre. Elle commença alors à regarder un peu autour, revenant toujours accrocher son regard. Pour tromper son malaise, elle se mit à réfléchir. Il y avait quatre hypothèses :
A) Il la prenait pour une folle. Il voulait lui parler de cette expérience virile de camping en Albanie pendant laquelle il s’était fait attaquer par un ours/loup/cannibale et tombait malheureusement sur une marginale persuadée de l’existence de créatures mythiques. Cela expliquerait son silence. Il était surpris de la tournure de leur conversation et ne savait quoi répondre. Au pire, il se moquait ouvertement d’elle et écourtait leur rencontre. Elle n’avait rien à objecter.
B) Il prenait sa réplique pour une taquinerie et se confortait dans sa décision de la draguer. Elle s’était pourtant éloignée, envoyant le message contraire. Au pire, il considérait qu’elle ne le repoussait pas vraiment mais le mettait plutôt au défi de l’impressionner. Parce qu’il faut se faire désirer. S’il pouvait comprendre qu’elle n’était pas le genre de fille qui prend plaisir à paraitre inaccessible…
C) Il n’osait pas répondre par l’affirmative, quand bien même lui avait-elle tendu une perche pour avouer sa… Son… Enfin. Nous avons déjà discuté de l’absurdité de cette hypothèse.
D) La réponse D.

Et finalement, il fit marche arrière. Avec des phrases très lisses, très polies. Il "s’excusait pour ses manières". Sa façon de parler mettait de la distance entre eux, et pourtant il affirmait qu’elle lui plaisait. La jeune femme n’eut même pas l’idée de rougir au compliment, elle était absorbée par son changement de comportement. Un instant il l’entrainait dans l’arrière-boutique, et le suivant il lui parlait avec beaucoup de retenue. Il semblait embarrassé avec son rire nerveux et son front brillant de sueur. Elle se radoucit un peu. Elle le jugeait parce qu’il agissait de manière étrange, mais c’était peut-être juste de la maladresse.

Il la prit dans ses bras et elle se figea. Qu… Qu’est-ce que ? Sa réaction fut tellement inattendue qu’Anna ne réagit pas. Elle restait là, assise sur sa chaise, collée contre un garçon inconnu et terriblement gênée. Elle était incapable de se dégager, elle n’essaya même pas. Son esprit pourtant était en ébullition. Etait-il vraiment en train de faire ce qu’elle pensait qu’il faisait ? La surprise et l’incompréhension se mêlaient à la colère. Elle ne lui avait donné aucun signe d’approbation. Elle l’avait suivi mais avait été distante jusque-là. Elle s’apprêtait même à partir ! Comment avait-il pu croire qu’il pouvait se coller contre elle comme ça ? Il n’avait pas bougé vite, mais jusqu’au dernier moment elle n’y avait pas cru, elle n’avait même pas pensé à s’esquiver. Ne s’était-il pas rendue compte que c’était bizarre ? Enfin, on ne fait pas ça d’un coup ! Il lâcha un commentaire sur la pleine lune qu’elle n’écouta même pas. Elle se leva d’un bond en se dégageant.

- Je suis désolée, je ne suis pas intéressée.

Elle lâcha cette phrase sans le regarder. Son ton n’était pas méchant, mais il était pressé. Elle lui avait dit le minimum requis pour pouvoir partir. Non mais je rêve. On ne la reprendrait plus à suivre n’importe qui sous-entendant de lui raconter une histoire. Tout compte fait, elle ne voulait pas savoir. Elle s’arrête devant la porte et poussa un soupir. Si, elle voulait savoir. La phrase qu’il avait lâché alors qu’il la tenait avait piqué sa curiosité à vif. Elle voulait en avoir le cœur net, et cela la retenait. Après tout, elle avait été claire cette fois-ci, elle pouvait lui laisser une dernière chance de s’expliquer et puis elle s’en irait. La sorcière se retourna les bras croisés.

- Vous croyez aux loups-garous ?

Elle ne disait pas qu’elle y croyait, elle posait une question. Avec défi. Elle le mettait au défi d’avouer. Elle sentait qu’ils pensaient tous les deux à la même chose sans oser le dire. Ils pourraient tourner autour du pot longtemps sans trouver d’échappatoire. Parler à demi-mots, parle d’animal sans préciser, discuter du comment sans évoquer le quoi. Mais ce n’était pas la vraie question. La vraie question était de savoir s’il était un loup garou. En évoquant la pleine lune, il l’affirmait presque. De quoi aurait-il pu parler d’autre ? Pourtant, il laissait encore une petite place au doute. Une toute petite qui l’agaçait. Et si elle se trompait ? S’il bluffait ? S’il se la pétait ? Après tout, se faire mordre par le bouledogue anglais de la mamie chez qui on a essayé de s’introduire c’est quand même moins sexy.
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Mer 7 Sep - 13:25

Si je croyais aux loups-garous ?

Cette simple question énoncée de la manière la plus innocente qui soit, eut l'effet de me faire rire. Je ne riais pas d'Anna, bien au contraire. Mais du ridicule de la situation. Nerveux et tendu depuis des jours, je relâchais la pression en riant. J'avais l'air d'un fou, planté au milieu de la réserve en train de me laisser aller à un fou-rire qui était purement inadéquat.
Anna ne devait plus savoir quoi penser de ma personne et en plus elle n'était pas intéressée. Mais elle était bien trop curieuse pour esquisser ne serait-ce qu'un départ. J'eus du mal à me contenir, conscient que cela était déplacé et voyant l'expression peu amène de mon interlocutrice, je tentais de m'arrêter.

Non sans un certain mal.


Tu vas lui dire l'Horriiiiiible Vérité, Gamin ?
Peut-être.
Qu'est-ce que je t'ai dit ?
Que non, je ne devais pas parce qu'autant, c'était une folle furieuse prête à me disséquer pour la Gloire !
EXACT !

Je m'arrêtais donc de rire. Enfin. Elle voulait donc savoir si oui ou non, j'étais soumis à l'astre sélénique chaque nuit de pleine lune. Je l'avais avoué, bien qu'à demi-mot. Mais mes aveux et mon Mal, eux, étaient bien réels. Sans un mot, je relevais la manche de mon haut clair, dévoilant sur mon bras droit, la longue cicatrice rosâtre, affirmation funeste de ma nouvelle condition.
Si le Lycan qui m'avait transformé n'avait pas été si soucieux de me faire une si jolie cicatrice, il était évident que j'aurais perdu un bras dans la bataille. Mais il ne m'avait pas dévoré, il avait fait pire. J'étais devenu comme Lui.

J'étais Lui.

Mon regard gris-bleu se posa lourdement sur Anna, tandis que je ne dissimulais pas encore la preuve de ce que je suis réellement.


- J'y crois. Oui.

J'en suis bien un chaque nuit de pleine lune. Et bla, bla bla. Tu me débectes Gamin.
OH LA FERME !
Qu'est-ce qui va te certifier qu'elle ne va pas crier à tort et à travers, qu'Alexander Hamilton est Lycan de son état ? Hein ?
Je lui fais confiance.
Merde. T'es vraiment un petit con. Mais vraiment, un petit con.

- Et oui, je suis bien un Lycan. Et cette cicatrice en est la preuve formelle. Il y a de cela deux années maintenant, en Albanie. J'ai été secouru par un homme, qui a risqué sa vie et qui m'a montré que j'étais encore Moi. Malgré tout. Il m'est difficile de composer avec, mais une autre personne m'aide à me comprendre.

Pathétique Gamin.
Je verrais bien.
ON verra bien. Mais je te jure, que si elle commence à crier, je la bouffe.
On verra.
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