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Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander]

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MessageSujet: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Mer 5 Aoû - 14:33

- 5 août 2015 -
- Nana !

Impérieuse, Jodie tendait les mains vers sa grande sœur. Passer l’après-midi à marcher, et puis quoi encore ! Katherine refusait catégoriquement de la porter, estimant qu’une enfant de cinq ans était tout à fait capable de se promener quelques heures. Evidemment cela ne lui plaisait pas, la petite princesse était fatiguée de les suivre dans leurs emplettes, et pas seulement physiquement. Alors à la première occasion, comme par exemple lorsque l’attention de sa mère fut détournée par Jeremiah, elle se tourna vers sa grande sœur. Elle devait savoir qu’Anna, elle, s’en fichait. Et qu’en cas de réticence, ses petits yeux de biche viendraient forcément à bout de sa volonté. Pour ne rien changer, la jeune fille la souleva dans ses bras. Outch. Elle la souleva un peu pour bien la positionner sur hanche. Finalement, elle savait pourquoi Katherine la laissait marcher. C’est qu’elle pesait son poids maintenant ! Un bisou sonore résonna contre sa joue au moment où leur mère se tournait vers elles et lui arracha un sourire. La gamine savait s’y prendre. Au regard doucement réprobateur qui en suivit, Anna répondit par un hochement d’épaule. Après tout, ce n’était pas très grave, cela lui faisait plaisir. Elle ne voyait pas les petits très souvent alors elle pouvait bien porter Jodie quelques minutes, si elle était contente.  

- Donne-moi Jodie, lui dit sa mère. On va aller regarder les jeux pour Jeremiah, il parait qu’ils font des promotions. Tu n’as qu’à faire un tour à la librairie.

Elle jeta un coup d’œil à son frère. Il était scotché devant la vitrine du magasin de jeux vidéo, bizarrement bien plus enthousiasme que devant les magasins de vêtements qu’ils avaient du écumer un peu plus tôt. Si cela amusait la jeune fille, ça avait le don d’exaspérer sa mère et d’ailleurs, on sentait dans sa voix une pointe de désapprobation. Pourtant elle l’emmenait, parce que c’était ça une maman : elle était facilement convaincue par  l’excitation de ses enfants. Et puis, il paraissait que tous les enfants étaient comme ça, qui pouvait combattre ça ! Anna elle n’était pas intéressée. Après tout, ce n’était pas à Poudlard qu’elle aurait pu s’y habituer, ce n’était pas vraiment "de son monde". Et même si elle s’amusait en jouant parfois avec son frère, elle préférait autant se trouver un bon livre.

- Ne le dit pas à Maggie.

Sa mère lui fit un regard entendu pendant qu’elle posait sa petite sœur au sol. Maggie était la bibliothécaire qui l’avait engagée plusieurs été pour l’aider à la boutique. C’était une vieille femme adorable, du genre mamie gâteaux, passionnée par ses vieux bouquins. Par les temps qui courent, la clientèle de la boutique avait chuté, mais rien ne l’aurait poussé à laisser tomber. Sa retraite lui suffisait, peu importait que la boutique marche. Elle n’avait par contre pas pu réembaucher Anna, mais la jeune fille continuait à lui rendre visite lorsqu’elle n’était pas occupée. Mais si elle apprenait un jour que sa collègue avait visité une boutique aussi touristique que la librairie Stanford, elle la renierait ! Anna se faufila entre deux étrangères pour franchir la porte d’entrée. L’intérieur était bondé, même en semaine. Mais ce que ses yeux accrochèrent fut l’immense quantité de livres. Il y en avait partout, sur les étagères, sur les murs. Partout. Loin d’un sentiment d’oppression, elle se sentait bien. Elle adorait les livres. A chacun son univers, réel ou inventé, tiré des larges connaissances d’un spécialiste ou de l’imagination débordante d’un auteur. Elle commença donc à se promener entre les rayons des fictions, regardant les couvertures, les titres, les résumés parfois. Elle ne savait même pas ce qu’elle cherchait. En fait, elle ne cherchait même pas. Elle visitait.
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Jeu 3 Sep - 14:28

- Leeeex ! Tu peux aller chercher les caisses près du livreur ? J'ai pas le temps moi ! S'il te plait !

Elle, c'était ma charmante collègue qui par ses battements de cils et sa bouche en cœur me faisait comprendre, que -malgré moi-, je devais m'y coller. Alors qu'elle me souriait encore, de toutes ses dents, j'hochais la tête en signe d'assentiment.
J'étais souvent vaincu par la gente féminine ces temps-ci. Les filles avaient un certain pouvoir sur nous, pauvres créatures dociles. Et me voilà donc, sous une pluie battante, cochant le nombre de cartons attendus et les réceptionnant allègrement. Sourire aux lèvres. La pluie ne me faisait plus peur bien au contraire, j'aimais rester des longs moments sous cette dernière, alors que les éléments autour de moi se déchainaient.
Et ce, même sous ma forme lupine. C'était peut-être un plus et je m'y étais habitué finalement à ce nouveau statut ... Quoiqu'on ne s'habituait jamais vraiment en fait.


Je ne m'y habituerais jamais, probablement.

Bien que cela faisait deux années et quelques mois, que j'avais été transformé, je n'arrivais toujours pas à comprendre cette Bête avec laquelle je cohabitais. Et ce bien, malgré moi. Elle était là. Présente. Créature que je détestais, mais qui faisait partie de mon être. Nous étions Un. Mais je ne l'aimais pas. J'en étais là de mes pensées noirâtres quand je fis tomber tout un carton de nouveaux livres sur le sol carrelé de la librairie. Ma patronne, alertée par le bruit, vint s’enquérir de la santé de ces chers ouvrages.

Ouf ils n'avaient rien. Ils restaient en bon état et seraient immanquablement vendus dans les heures qui suivent. Elle arrivait toujours à dénicher le futur best-seller qui allait s'arracher en des milliers d'exemplaires. Elle avait un sérieux don pour cela, j'en étais presque subjugué. Alors que je rangeais le tout dernier ouvrage -un de ceux rescapés-, j'entendis un bruit familier. Un nouveau client venait de rentrer. Ou plutôt devrais-je dire, une nouvelle cliente. Mon regard gris-bleu embrassait l'immense surface et je pus constater que tous mes collègues étaient occupés.
C'était donc à moi et à moi seul, qu'incombait la tâche de renseigner cette cliente.


Jeune et jolie, en plus.

Je la laissais donc flâner à sa guise. Sachant pertinemment par expérience que les vendeurs qui se jetaient sur vous comme si vous étiez un simple morceau de viande, étaient détestables. Et je n'étais pas comme ça. Je laissais toujours le temps aux personnes de regarder et d'apprécier l'immense choix que nous avons. Et la clientèle se sachant perdue, fera toujours un pas vers nous, assurée que nous serons là pour lui venir en aide. Remettant mon badge en place où se trouvait mon prénom, il avait sûrement été déplacé durant le transport des caisses, je décidais -après avoir attendu quelques minutes- de m'avancer vers cette jeune fille. Tout sourire.

- Bonjour mademoiselle ! Puis-je vous être utile ?

Bon Dieu ! Elle est rudement jolie !
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Jeu 17 Sep - 14:58

Alors qu’elle reposait un roman dont elle venait de lire le résumé, une voix masculine l’interpella. "Nos étoiles contraires" était ce roman pour jeune fille qui avait un succès énorme et dont elle avait entendu parler plusieurs fois, ce genre de livre que tout le monde lisait. Jusque là, elle n’y avait pas vraiment fait attention. Mais le résumé, qu’elle avait lu par curiosité, lui semblait familier. Elle avait lu un roman du même genre, qui traitait de la maladie et de la mort. Un roman qu’elle avait lu si vite, dans lequel elle s’était plongée si profondément, qu’à la fin de la journée elle confondait presque ses émotions et celles du personnage principal. Elle se souvenait encore de la colère, la rancœur contre un monde injuste qui tuait trop tôt, la désillusion. C’était il y a des années, mais elle s’en souvenait encore. Il lui avait fallu quelques jours pour se détacher de cette histoire. Alors non, non merci, elle se trouverait un autre livre. Et ce mec qui la regardait… Oh mince ! Ah oui, donc euh, la réponse à sa question. Sa question qui était… Elle s’était perdue dans ses pensées. Pas plus de quelques secondes, mais son esprit était à des kilomètres de ce jeune homme qui lui avait parlé. Elle commença par un sourire.

- Bonjour.

Une petite voix polie, comme si tout allait bien, le visage détendu. Qu’est-ce qu’il voulait bon sang ? Si elle avait fait un tout petit peu plus attention… Et puis il fallait répondre rapidement, elle devait déjà avoir l’air intelligente à hésiter après un simple bonjour, à marquer une pause aussi longue. Ah, un badge sur sa chemise, un vendeur donc. Mais bien sur ! S’il pouvait lui être utile… Euh, non. Si ?

- Et bien… Elle tourna la tête vers l’étagère à côté d’elle, fit glisser sa main distraitement sur les couvertures. Paraitre naturelle, gagner du temps. Est-ce que vous auriez un livre à me conseiller ?

Elle se tourna de nouveau vers lui, le regard interrogateur, plus sure d’elle. Comme si elle avait toujours eu l’intention de lui poser la question, comme si elle n’attendait que son aide. Avec un peu de chance, elle était assez bonne actrice et il prendrait son hésitation comme… De la timidité ? Peu importe. Ca allait mieux maintenant qu’elle savait ce qu’elle voulait faire, elle serait plus convaincante. Elle n’aimait pas se retrouver devant les gens sans savoir quoi dire. Elle se sentait bête. En attendait sa réponse, elle observa enfin son interlocuteur. Sur l’uniforme de la librairie était accroché un badge à son nom, Alexander. Information à noter. Et sous l’uniforme, on devinait un corps fin mais athlétique. Information qui avait aussi son importance. Ce n’était pas le libraire malingre que l’on pouvait s’attendre à trouver, avec ses lunettes rondes sur le nez. Non, cet Alexander semblait leur préférer une cicatrice à l’arcade. Sans doute parce que Stanford était une librairie assez touristique, la devanture avait aussi son importance. Mais serait-il quand même capable de lui proposer un livre intéressant ? Faites qu’il ne tombe pas dans le stéréotype du livre à l’eau de rose, celui qu’on propose à toutes les jeunes filles. Cela plaisait à beaucoup, mais le style était lassant. Quel intérêt à lire un livre dont on devine la fin ? Bon, d’accord, peut-être qu’il lui arrivait d’en lire un. Peut-être même plusieurs et qu’ils lui plaisaient. Mais seulement de temps en temps, elle n’était plus une enfant que l’on nourrit d’amour et d’eau fraiche. Le monde n’était pas comme cela, il fallait être réaliste. Ce n’était pas ce qu’elle était venu chercher.
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Lun 28 Sep - 15:20

Je souris. C'était l'arme de destruction qui n'abattait que la mauvaise humeur. Cette jeune femme me semblait plus que sympathique et vraiment jolie.
Visiblement je l'avais surprise. Je faisais toujours le même effet aux futures clientes et clients qui pénétraient dans l'enceinte de la Librairie. Beaucoup de clients fidèles venaient vers moi car j'avais su les fidéliser et à la fin ils étaient devenus des amis. Une famille qui aimait les livres en somme.
Ils étaient beaucoup à s'imaginer tout un monde à travers les pages de certains ouvrages et à se mettre à la place des héros. Pour ma part, je ne m'identifiais plus à quiconque, petit j'étais à la fois Tom Sawyer, Oliver Twist et j'en passe. Mais depuis deux années, mon quotidien avait quelque peu été malmené au profit de l'astre lunaire.

J'étais moi, et je crois que c'était amplement suffisant.


C'est déjà pas mal.

En ce qui concernait mon inconnue, j'avais tout de suite entraperçu les battements de cœur précipités, et la tension qui montait. Si j'avais un livre à lui conseiller ? J'en avais bien des milliers. Je souris encore, m'approchant d'elle et contemplant l'ouvrage qu'elle venait d'effleurer. La jeune demoiselle était en quête d'aventure !

Les romans "fleurs bleues", ça allait un certain temps. Bien qu'il y avait toujours une vieille dame, Madame Huttington qui ne se lassait jamais des histoires d'amour que pouvait lui procurer la collection rose. Ça lui mettait du baume au cœur, elle qui avait perdu son mari très jeune et qui n'avait jamais su se remarier. Me trouvant plus qu'attachant, elle m'offrait toujours dix livres de pourboire, histoire que j'invite une charmante demoiselle à boire un verre.
Cela faisait un petit temps, que je ne l'avais pas aperçue parmi les rayons. En espérant que rien de grave ne lui soit arrivé. Pendant ma pause, j'irais demander à mes collègues, histoire de savoir si elle n'avait pas disparu de notre clientèle.


Et la fille ?

Juste ! Et c'était quoi son prénom ? Et elle voulait quoi déjà ? Je devais me recentrer, jamais je n'avais été tant distrait devant une cliente. Ma patronne allait se jeter sur moi toutes griffes dehors si je ne faisais pas mon boulot. Et personnellement, j'en avais pas vraiment envie. Mon regard gris-bleu observait plus attentivement cette jeune femme. Qui était-elle ? D'où venait-elle ? Avait-elle des particularités comme moi ? Ou était-elle une simple cliente venue chercher des sensations fortes ?

- Qu'avez-vous l'habitude de lire ? Histoire que je cerne un peu vos goûts et vous aiguiller vers quelque chose de différent mais qui serait susceptible de vous intéresser.

Ça va. T'as repris du poil de la bête.

Peut-être. Mais j'étais intrigué. Il n'y avait bien qu'Anastacia qui me mettait le cœur au diapason.

- Comment vous prénommez-vous ? Ma patronne m'ordonne de prendre les noms et prénoms et adresses, des nouveaux clients qui se présentent ici. Dis-je en sortant un carnet de cuir noir et un stylo de la poche arrière de mon jean, prêt à noter les renseignements qu'elle voudrait bien m'octroyer.

Puis, c'était un petit mensonge.


Un tout petit mensonge.
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Lun 28 Sep - 23:06

Tout dépend. Parfois, je lis par curiosité. Et croyez-moi, je suis curieuse sur de nombreux sujets. Sur les sorts pour commencer, j’aime en apprendre de nouveau. Les possibilités offertes par tous ces sortilèges qui existent sont infinies, ça semble complètement dingue. On dirait qu’il en existe pour chaque situation, comme si pour chaque action que vous auriez besoin d’accomplir la magie pouvait le faire à votre place. Enfin, à condition de connaitre lesdits sorts bien sur. Les potions aussi offrent de très vastes possibilités, mais elles sont moins faciles à mettre en place, et légèrement moins intéressante. Elle était aussi curieuse d’apprendre comment fonctionne le monde magique. Des livres de biologie qui la renseignaient sur les créatures existantes, de politique vulgarisée pour comprendre le fonctionnement des différents états magiques, d’histoire… Ces derniers sont d’ailleurs très intéressants. J’ai été élevée moldue, alors on dirait un peu les livres d’héroïque fantaisie que je lisais quand j’étais enfant. Oh, bien sur qu’elle ne lui ferait pas cette réponse, mais l’ironie intérieur ne fait de mal à personne.

Euh… Quoi ? Lui demandait-il vraiment son adresse maintenant ? C’était une approche un peu inhabituelle. Elle fronça légèrement les sourcils en le voyant sortir son calepin. D’ordinaire, les magasins ne prenaient cette information qu’au moment de l’édition d’une carte de fidélité, en échanges soyez-en surs de beaucoup de publicité. C’était un peu abrupt de vouloir la ficher aussi vite, on se sentait… Surveillés. Recenser des personnes n’est pas très haute dans l’opinion publique. A cause de l’histoire sans doute, quand on savait le mal que cela avait fait par le passé, lorsque Lord Voldemort avait ordonné la traque des nés moldus. Mauvais souvenir pour beaucoup.

- Anna. Fallon. C’est mon nom. Pour mon adresse, il faudra voir plus tard, si votre librairie me plait. Ce n’est pas vraiment le genre d’information que l’on donne aux inconnus.

Elle jeta un coup d’œil sur son carnet encore vierge, puis releva le regard avec un sourire poli. Celui où les commissures des lèvres s’écartent sans dévoiler les dents. Un autre coup d’œil, sur l’étagère à côté d’elle cette-fois, et elle recula d’un pas, remis un mèche derrière son oreille gauche. Il était un peu trop près, ce qui n’était pas pour la mettre à l’aise. Elle n’allait pas se mettre à rougir ou bégayer, comme une ado travaillée par ses hormones devant un beau garçon. Bon il était pas mal mais ce n’était pas la question. Ce qui la gênait, c’était plutôt cette espèce de proximité qu’il essayait d’instaurer. Technique marchande sans doute, mais il pouvait se contenter de lui proposer un livre. C’était tout ce qu’elle demandait.

- Je suis plutôt venue chercher un lire pour m’échapper. J’aime assez l’héroïque-fantaisie, mais je lis toutes sortes de livres. Certains classiques sont très intéressants. Enfin, des romans surtout. Très peu de poésie ou de théâtre. Et je ne suis pas très roman policier non plus.

Elle croisa les bras en attendant sa réponse. Ces indications étaient très vagues, mais après tout il avait voulu l’aider. Parcourir les allées et continuer à lire quelques quatrièmes de couverture ne lui aurait pas déplu. Elle rajouta un sourire, pour lui dire qu’elle en était consciente, gentil mais un peu distant.
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Mar 29 Sep - 21:51

Anna.

C'était joli comme prénom. Ça me faisait penser irrémédiablement à Elle. C'est fou, elle n'est même pas là et elle parvient à me trouer le cœur. Ana c'est le diminutif d'Anastacia, celle qui aimait la littérature russe, comme moi.
Peut-être que cette Anna là aimerait la même chose ? Je ne devais pas les confondre, elles n'étaient pas identiques. J'avais toujours le numéro d'Anastacia, au cas où. Je devrais peut-être lui envoyer un message, histoire de clarifier les choses et d'essayer de ne pas prendre cette fille pour Elle.


Ce serait bien.

J'avais l'air vraiment idiot avec mon carnet à la main, notant à l'encre son prénom et son nom. Elle ne me divulguerait pas son adresse tout de suite, il fallait que la librairie lui plaise. Elle n'avait peut-être pas tort, j'avais été légèrement intrusif. Un peu déçu néanmoins, je rangeais le précieux carnet, dans la poche arrière de mon jean, sous le regard étonné de ma collègue.
Son regard inquisiteur, il m'était apparu bien avant qu'elle ne me l'adresse. Encore une déformation de mes aptitudes ça. Elles avaient quelques avantages quand même. Sauf que je me sentais bien plus fatigué après les nuits de pleine lune et de je devais dormir au moins deux bonnes journées afin de récupérer. Le seul point positif que je pouvais donner, je n'avais mordu personne.


Du moins, pas encore.

Je devrais arrêter de me focaliser sur cette fille et appeler ma collègue -qui n'arrêtait pas de me fixer cela dit-, pour sauver la mise. En même temps, elle était juste venue chercher un livre et je me devais de lui offrir ce service. J'écoutais attentivement ce qu'elle venait de me dire et commençais à réfléchir pour lui prodiguer l'ouvrage qu'elle serait à même d'apprécier. Elle voulait de l'aventure, elle voulait s'échapper.
Elle lit de l'héroïc-fantasy mais elle ne s'arrête pas à ça. Elle a un large panel et moi ça ne m'aide pas vraiment. Elle n'aime pas les policiers et le théâtre ou la poésie, ça ne s'avère pas être sa tasse de thé.


Bien.

Je vous laisse regarder et je me permets de vous ausculter du coin de l’œil ? C'est ce que j'aurais aimé lui dire tout en cherchant un rayon d'ouvrages qui pouvait lui convenir et un titre. C'était pour ça que j'aimais mon métier, chaque client était différent et offrait des possibilités infinies. Certains avaient un titre de livre en tête et repartaient avec d'autres sous le bras. D'autres ne savaient pas pourquoi ils étaient venus, mais un ouvrage à lire ne leur déplaisait pas.
Et j'en passe. Chacun avait son lot d'histoires à conter et raconter et mes collègues et moi en étions les auteurs. Cette fille était un défi, mais comme toujours, j'allais faire front avec brio.


Puis bon, elle est jolie. Tu perds pas trop au change.

Faudrait arrêter là.

Elle est jolie.

Ok. Je rends les armes.

- Bon. J'ai un petit défi à relever avec vous Anna. Vous aimez l'héroïc fantasy mais j'aimerais vous montrer autre chose. Les classiques vous intéressent aussi ... Laissez-moi réfléchir.

L'index sur le menton, signe d'une intense réflexion et synonyme qu'on ne me dérange sous aucun prétexte, ce fut justement cet instant que choisit ma collègue pour m'interrompre. Violemment.

- ALEXANDER ! ATTENTION !

Mon regard gris-bleu aussi vif qu'il pouvait l'être accusa l'instant. Une énorme pile de livres, que ma collègue présente sur son échelle de bois avait laissé échapper de son carton. Et qui par la plus pure des malchances allait tomber sur Anna. Ma cliente.
Je fis en sorte et à toute vitesse de nous enlever de là. Soulagé de voir que ce ne fut que le sol qui accusa le coup des lourds ouvrages. Ma patronne allait faire une syncope.


- Vous n'avez rien ?

...
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Jeu 8 Oct - 22:33

Il la regardait dans les yeux, arborait un sourire franc, un peu charmeur, pris soin d’appuyez son "vous Anna" comme pour marquer une sorte d’intimité entre eux deux. Il devait être un bon vendeur. Il était charmant et il le savait, il en jouait. « J’ai un petit défi à relever », prétendant l’accuser alors qu’il la taquinait juste, mensonge sans doute. Elle ne doutait pas qu’on leur faisait un topo sur les livres à vendre, les nouveautés dont les clients allaient raffoler et qu’ils espéraient voir propulsés par le bouche à oreille. Mais elle était un défi, n’est-ce pas ? Il mit alors un doigt sur son menton, cliché de l’intense réflexion, tellement cliché que ce devait être joué. Il semblait feindre le dévouement. Peut-être essayait-il de la faire sourire ? Elle sourit. Il savait mettre les clients à l’aise, définitivement un bon vendeur.

- ALEXANDER ! ATTENTION !

Anna leva les yeux. Des livres leur tombaient dessus. Echappés d’un carton, ils leur tombaient droit sur la tête. Attention ! A peine commençait-elle à bouger le bras, qu’un choc inattendu eu lieu à l’avant. Une masse qui la percuta de face et la poussa en arrière. Elle manqua de tomber, s’emmêla les pieds mais là, un nouveau choc à l’arrière. Et puis l’immobilité. Ensuite, il y eut un souffle, une respiration qui inspirait et expirait juste à côté de son oreille, et contre sa poitrine, un torse qui se soulevait et s’abaissait au même rythme. Alors elle aussi recommencera à respirer. Le vendeur, Alexander était collé tout contre elle. Il venait… Il lui avait sauté dessus pour la pousser hors du point d’impact des livres. Oui, c’était ça, c’était ce qu’il c’était passé. Elle cligna des yeux, essayant de reprendre ses esprits. Il s’écarta lentement. Oh mon Dieu. Ses yeux s’écarquillèrent. On mon Dieu, elle avait failli faire usage de la magie devant des moldus. Elle releva des yeux effrayés vers Alexander, et relâcha immédiatement la baguette que ses doigts agrippaient fermement. Elle tourna le regard dans le vide pendant qu’elle dépliait son bras, jusqu’alors replié dans son dos. Son cœur battait la chamade. La jeune fille n’en revenait pas. Ici, dans ce magasin bondé de non-sorciers, son premier réflexe avait été de porter la main à la ceinture de son pantalon, dans son dos, où des morceaux de tissu rajoutés lui permettaient de ranger sa baguette. Vite, faire distraction.

- Et bien ! dit-elle avec un petit rire, le regard de nouveau tourné vers son "sauveur", tout en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille. Tout ceux qui pensent qu’aller à la librairie est ennuyeux ne sont jamais venus ici ! J’espère que vous n’accueillez pas tous vos clients de la même façon.

Elle ajouta un nouveau rire, puis un sourire comme si elle le taquinait à son tour, mais un mouvement de bras lui arracha une grimace. Instinctivement, elle porta une main sur son épaule. En la poussant hors de danger, le vendeur l’avait jeté contre une étagère et son bras avait du se retrouver coincé entre le meuble et son corps. Heureusement sans doute. Alors que la responsable de l’incident commençait à descendre - tout juste réveillée du choc, elle se confondait en excuses – elle souffla :

- Merci.

Un sourire de nouveau. Elle fit comme si ce n’était qu’un incident sans importance, qui ferait seulement une anecdote amusante à raconter. Mais ce merci était tout ce qu’il y avait de plus sincère, il n’avait aucune idée de ce qu’il avait empêché.
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Mar 13 Oct - 20:24

J'avais sauvé Anna. J'avais sauvé une vie humaine. Du moins je lui avais épargné quelques tracas. Elle aurait pu finir écrasée sous des ouvrages bien trop lourds pour elle. Ou se faire vraiment mais alors vraiment mal.

Par ce sauvetage en bonne et due forme, je me sentais plus humain, j'oubliais même la Bête qui était présente chaque nuit de pleine lune. Puis c'était dans mes cordes, d'être philanthrope. J'avais toujours cette envie d'aider et de sauver les autres, bien que par moments, cela m'eut apporté quelques ennuis.
Mais je crois que je ne faillirais pas à la tâche. Cela démontrait mon humanité et j'en étais heureux. Il me suffisait d'être moi et cela m'allait. Or, cette entité me rongeait toujours de l'intérieur, me rendant mes instincts primaires.
Par moments je ne savais plus qui j'étais.


Je suis perdu.

Combien de fois m'étais-je retrouvé, les yeux ouverts à fixer le plafond ressassant mes plus noirs desseins ? Bien trop souvent. Et cela faisait bien quelques nuits, que je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Il m'était difficile de dormir sereinement. Mes nuits n'étaient plus complètes, elles étaient entrecoupées de ce que je pourrais nommer cauchemars, ou des nuits sourdes sans aucun rêve.

Mon regard gris-bleu se concentrait sur Anna et je vis qu'elle grimaçait. Dans mon empressement à lui sauver la vie, j'ai dû être brusque et lui faire mal. Il est vrai que j'avais désormais du mal à mesurer ma force. Là aussi, lors d'une réunion familiale, où j'ai décidé de ne plus y aller, j'ai brisé un vase auquel ma mère tenait tant. Et ce, sous la simple impulsion de la colère. Et encore, une colère qui était très légère.
Ma mère suffoquée d'un tel comportement avait mis cela sous le compte d'une trop forte émotion et Gwenäe ma grande sœur, avait dit que c'était l'alcool qui en était la cause. Or je n'ai bu aucun verre ce soir là.


T'as pas su maîtriser ta force. Comme avec cette pauvre fille.

- Pardon Anna.

Je ris avec elle lorsqu'elle eut une phrase teintée d'esprit et je souris lorsqu'elle me remercia. Il est vrai que j'avais eu peur pour elle et à peine était-elle venue à la Librairie, que je l'appréciais assez fortement. Un peu trop même. Ce fut une Lexie catastrophée qui arriva à notre hauteur et qui se confondit en excuses.
Je souris. Elle en était presque touchante.


- Excusez-moi Mademoiselle ! Vous n'avez rien ?
- Je suis arrivé à temps, je crois.
- Quels réflexes ! Enfin, je vais continuer ce que j'étais en train de faire. Mademoiselle, je crois qu'Alexander s'occupera au mieux de vos demandes.
- Essaye de pas nous tuer cette fois. Je tiens à rester en vie.

En remontant sur son échelle, je vis Lexie me faire une horrible grimace, à laquelle je répondis par un large sourire agrémenté d'un clin d’œil. Je la vis rougir et elle se renfrogna, cachée derrière sa pile de livres meurtriers.

- Je crois que n'importe quel ouvrage que vous achèterez, je serais à même de vous faire une réduction assez conséquente. Histoire de réparer le préjudice subi. Votre bras ça va ? Je m'excuse encore ! C'est juste que ...

Que quoi ?

Je lâchais un de mes plus beaux sourires, histoire de faire passer la pilule.

Tu peux être con parfois.

Je sais.
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Jeu 15 Oct - 23:04

Merde, ressaisit-toi ! Par la barbe de Merlin, elle ne pouvait pas rester comme ça. Avoir l’air faible, totalement apeurée. C’était un incident sans importance. Il n’y avait pas eu de casse, pas de blessés, donc ce n’était pas important. Elle était stupide, mais c’était de l’ordre du détail. D’ailleurs, c’était même amusant quand on y repensait. Elle s’était fait secourir, comme une demoiselle en détresse par un preux chevalier, peut-être même son prince charmant. Oui, elle se concentra sur cette histoire. Elle allait maintenant être obligée de lui acheter tout ce qu’il proposerait, pour le remercier. Et réclamer à sa place une promotion ! Elle se concentra sur cette histoire, très fort, jusqu’à ce qu’elle y croit presque et que cela se lise sur son visage. Elle avait faillit faire une bêtise. Seulement faillit, pas la peine d’en faire toute une histoire. Elle aurait le temps de remuer ça plus tard, de culpabiliser et tout ce qui lui chanterait. Mais là, tout de suite, elle se trouvait en public, alors elle devait passer à autre chose. Elle devait déjà avoir l’air un peu étrange, pas la peine d’en rajouter non ? Elle réprima la colère qu’elle sentait monter contre elle-même, et se concentra.

La vendeuse "assassine" était catastrophée. Elle allait presque se jeter sur l’étudiante pour la noyer d’excuses quand Alexander s’interposa. Anna lâcha un discret soupire de soulagement. Elle se voyait déjà essayer de rassurer la vendeuse, lui répéter que "non ce n’était rien" jusqu’à ce qu’elle accepte de l’entendre et refuser poliment chacune de ses excuses. Oui, elle était soulagée que le jeune homme s’en charge à sa place. Il s’était tourné vers sa collègue, son corps barrant le chemin jusqu’à elle, et avait directement pris la tête de la conversation. Sans même laisser sa cliente répondre, il fit comprendre à la maladroite qu’il prenait les choses en main. Il la taquina même, et réussit à la faire rougir. Au moins, ses talents de charmeur leur assuraient un peu de tranquillité, la conversation avait tourné court. Elle lui sourit lorsqu’il se retourna. Finalement, il avait l’air sympa. De drôles de techniques d’approche des clients, mais sympa.

Il lâcha aussi un grand sourire, mais elle fronça les sourcils, mi-amusée mi-perplexe. Juste que quoi ? Etrange que cette phrase reste en suspens, comme un "mais" que l’on n’expliquerait pas. Que voulait-il dire par là ? Il s’excusait de lui avoir fait mal au bras, semblait essayer de se justifier. Mais ce n’était rien. Et puis, ce n’était pas de sa faute, si ? Non, bien sur que non. Il n’y pouvait rien si son bras était dans une mauvaise position. Alors de quoi voulait-il se justifier ?

- Ne vous excusez pas ! Mon bras va bien, ce n’est vraiment rien. Il était juste dans une mauvaise position… Parce qu’il est bien sur tout à fait normal de mettre son bras dans son dos lorsque quelque chose nous menace par le haut… J’ai du vouloir me rattraper à l’étagère, et il s’est coincé. Mais rien de cassé ! C’était juste un faux mouvement, ça va se dissiper rapidement. Au contraire je vous remercie, vous m’avez évité un beau bleu ! Je suppose que je vais devoir vous laisser un gros pourboire pour "acte de bravoure".

Elle lui sourit pour accompagner son ton de plaisanterie. Évidemment, elle laisserait un pourboire, il l’avait mérité, mais "l’acte de bravoure" se voulait plus désuet. Quelque chose semblait le mettre mal-à-l’aise, ses excuses étaient trop franches.

- Beaux réflexes en tout cas ! Et moi je restais comme une idiote à regarder les livres tomber.

Elle rit avec légèreté et secoua la tête, l’attitude d’une fille qui finirait cette phrase par "Que je suis tarte !". Les garçons aiment les filles un peu bêtes, qui gloussent pour pas grand-chose et sont un peu maladroite. On ne cherche pas ce qu’il se cache derrière ces filles là, on se fie aux apparences. Alors autant avoir l’air de cette fille "un peu tarte" qui n’a pas le réflexe de s’écarter. Parce que c’est ce qu’il s’était passé. Elle était restée là, sous les livres, et n’avait pas eu le temps de penser à bouger. Ou de faire quoi que ce soit d’autre. Non, elle n’allait rien faire d’autre… Elle replaça une mèche derrière son oreille et reprit un peu son sérieux. Ne tombons pas non plus dans le stéréotype.

- Alors ce livre, avez-vous des idées ?
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Lun 19 Oct - 22:41

Je me sentais mal. Étrangement mal. Et je ne savais dire pourquoi. Malgré que j'avais empêché Anna de se faire mal, je n'étais pas bien. Et le pire dans tout cela, c'est que je n'avais aucune idée du pourquoi de ces ressentiments.
Lexie s'était excusée. Merveilleux. Je l'avais charriée. Encore mieux. Elle s'était sentie mal à l'aise. C'était normal. Alors pourquoi moi, en tant que sauveteur, je me sentais mal ? Peut-être avais-je envie de montrer qu'au fond, je restais Humain, que la Bête ne m'ôtait pas toute cette Humanité qui me caractérisait ?

Que je restais Moi, Alexander Hamilton, Libraire de vingt ans. Mais il fallait rajouter à l'équation que chaque nuit de pleine lune, je n'étais plus ce vendeur sans histoires présent au comptoir de cette Librairie. J'étais cette Bête, répondant aux instincts les plus primaires. Mais c'était justement ces derniers, qui m'avaient permis de sauver cette fille.
Mes réflexes avaient été tels, que j'avais vu tout se passer au ralenti. Les chutes interminables des gros ouvrages vers Anna puis vers le sol, Lexie qui n'en finissait pas de s’époumoner. Puis surtout, en y repensant, mon regard avait accroché quelque chose qui m'avait semblé suspect.


Anna.

Cette dernière avait voulu sortir quelque chose qui était dans son dos, mais elle n'y était pas parvenue. Sûrement entravée par mon réflexe qui lui avait sauvé la mise. J'avais envie d'être curieux, de lui poser des questions. Mais quelque chose entretenait le mystère et je ne devais pas le savoir. En même temps, lui avouer que j'étais un Lycan, ce qui expliquerait mes réflexes, n'était pas vraiment dans mes prérogatives prochaines.

Alors je garderais mes interrogations pour moi, bien que ça me brûlait carrément les lèvres de savoir le fond de la chose. Une chose est certaine, elle me fit encore plus sourire, si je pouvais avoir un pourboire pour "acte de bravoure", je signerais de suite. A croire que Lexie avait laissé traîner ses oreilles, -elle avait une ouïe qui me défierait presque-, car je la vis faire une étrange grimace du haut de son promontoire. Je la fixais, elle me rendit mon regard tout en rougissant. Lexie n'était pas une mauvaise fille, elle était juste fouineuse, déloyale, arriviste et j'en passe.
Elle n'avait pas hésité à faire virer une ancienne collègue,à l'âge de la retraite, pour lui prendre sa place. Et elle y était parvenue avec pour seule aide, sa langue bien pendue de vipère. Mes autres collègues quant à eux, étaient des crèmes. Jamais je n'avais vu de telles personnes se souciant les unes des autres. J'étais le dernier dans l'équipe et ils m'avaient tous accueilli. Évidemment, j'avais omis de dire lors de ma présentation, que j'étais un Lycan. Ç’aurait été franchement moyen.


- Allez voir quelqu'un si jamais vous remarquez quelque chose d'anormal. Je n'aimerais pas être la cause de votre douleur ... Et je ne serais pas contre un GROS pourboire.

Je riais de bon cœur, mais me stoppais net. Mes réflexes étaient la résultant d'un drame qui s'était passé il y a deux années en Albanie. Je ne pouvais le qualifier autrement. Cela faisait deux années que je vivais avec désormais, mais je crois bien que je ne m'y ferais jamais.

- Merci.

De rien.

Mon ton avait été plus abrupt que je ne l'aurais voulu. Je me ratrappais néanmoins par un sourire que je voulais sincère. Elle n'y était pour rien. Elle me remerciait même. Parfois, fallait vraiment être con.

J'allais le dire.

J'en aurais presque oublié pourquoi cette jeune fille était là. Je devais reprendre mes esprits et faire ce pour quoi je touchais de l'argent à la fin du mois. Et puis surtout, c'est ce qu'elle attendait. Avec tout ce qui s'était produit jusqu'à maintenant, j'étais aux abonnés absents. Elle voulait un livre. J'étais là, pour le lui donner.

Ressaisis-toi !

- Oui. Suivez-moi Anna, avec tout ce qui vient de se produire, j'espère dénicher un ouvrage à la hauteur !

Je l'intimais donc de me suivre. Nous serpentions entre les immenses rayons de cette Librairie célèbre et je décidais de m'arrêter dans un rayon bien spécifique. L'Occulte.

- Anna. Il me semble que vous êtes spéciale.

OK. Elle va te prendre pour un fou. Et d'ailleurs tu devais pas te taire ?

Je verrais bien.

Si tu le dis.
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Jeu 5 Nov - 19:07

Un large sourire lui étira les lèvres lorsqu’il se mit à rire. C’était décidément un garçon sociable, il ne la connaissait pas mais semblait à l’aise. Et la mettait à l’aise. Bien que, évidemment, avec un pourboire à la clé, cela était dans son intérêt. Il pouvait bien rire ! Non, elle n’était pas sérieuse. Elle ne lui aurait pas fait l’affront d’avoir cette pensée sérieusement. Il lui était vraiment sympathique. Puis soudain, il changea du tout au tout. Plus de rire, plus de sourire. Son regard s’était assombri. Il lâcha un merci brutal, elle se retint de sursauter. Mais qu’est-ce qui lui arrivait ? La surprise et l’incompréhension se lisaient sur son visage. Et puis, merci de quoi ? De proposer un pourboire ? Ce n’était pas incroyable. Et puis, on ne réagit pas comme cela. C’est gentil après tout, il semblait presque énervé. Il tenta un sourire, mais il ne semblait pas mieux. Un peu gênée, elle détourna les yeux, replaça une mèche derrière son oreille et lui adressa à son tour un sourire. C’est comme s’il pensait à tout autre chose, chose qui n’avait pas l’air agréable. Ou bien il était seulement lunatique. Vraiment très lunatique.

Elle le suivit quand même dans les rayons. Lunatique ne veut pas dire dangereux, à moins que ce ne soit un problème d’ordre psychologique, maladie mentale… Mais il avait l’air totalement normal. De bons réflexes, des problèmes personnels, mais normal. Et il semblait bon vendeur, et elle voulait un livre. D’ordinaire, elle préférait se débrouiller. Lire les couvertures, le début du roman parfois, faire plusieurs rayons jusqu’à ce que l’un des ouvrages lui tape dans l’œil. Mais d’ordinaire, elle se baladait dans les petites librairies des après-midi entières, prête à chercher autant qu’il faudra. Elle ne se pointait pas chez Stanford en coup de vent. Peut-être que ce serait intéressant de se faire conseiller pour une fois. Malheureusement, ce bel esprit avec lequel elle partait s’altéra au long de leur déambulation. Il l’attira au fond du magasin, loin des romans, loin des histoires même et s’enfonça dans les sciences. Ils n’avaient pas du se comprendre, elle ne cherchait pas à étudier aujourd’hui. Quand il s’arrêta, son étonnement grandit encore.

- Anna. Il me semble que vous êtes spéciale.

Elle ne comprit pas immédiatement. La jeune fille fixa son interlocuteur, sans réaction. Elle serait spéciale. Spéciale comment ? Elle ouvrit la bouche, regarda les livres autour d’elle. Spéciale, comme dans non-moldue ? Et s’il l’avait vu ? Non, même s’il avait vu sa baguette, il ne pouvait pas savoir de quoi il s’agissait. Bien sur, il fallait qu’il lui dise ça dans le rayon de l’occulte, de la sorcellerie et tout ça. Pure coïncidence hein. Et si ce n’en était pas une ? Et s’il savait ? Après tout, elle aussi avait travaillé dans une librairie moldue. Mais Stanford, c’était autre chose. Elle doutait qu’ils prennent facilement les étudiants. Donc c’était un travail sérieux, et il n’était pas sorcier. Mais peut-être qu’il en connaissait, dans sa famille par exemple. Ou bien il l’avait été. Il était un peu jeune pour avoir été jugé lors du procès, mais il avait peut-être été victime d’un attentat au sérum. Dans ce cas-là, qu’est-ce qu’il lui voulait ? Juste lui parler ? Ce serait bizarre. Surtout dans un recoin de la librairie. Non, il n’avait choisi ce recoin que pour son thème. Pour lui faire passer un message. Alors qui était-il ? Elle était peut-être paranoïaque. Il y a d’autres genres de spécial, et ce rayon redevenait intéressant car il était excentré. Peut-être qu’il la draguait. Les pensées se bousculaient à toute vitesse dans sa tête. Elle le fixait depuis à peine quelques secondes, mais cela lui semblait déjà trop long pour être naturel.

- Et bien, j’imagine que l’on est tous un peu spéciaux à notre façon, dit-elle avec un sourire gêné et en passant la main dans ses cheveux.

Toutefois, elle continua à le fixer dans les yeux. Son air était trop sérieux pour être dragueur, on ne pouvait pas s’y tromper. Mais que pouvait-elle faire d’autre ? Répondre « Oui, bien joué, je suis une sorcière » ? Elle ne pensait même pas qu’il soit sorcier. Il était britannique et à peine plus vieux qu’elle, elle l’aurait vu à Poudlard. Alors comment aurait-il connaissance de son monde ? Pourtant, c’est comme s’il l’incitait à lui faire cette réponse. Elle ne comprenait plus rien… Non, c’était idiot. Il insinuait quelque chose, mais cela ne devait avoir aucun rapport avec la sorcellerie. Tout cela n’était qu’un quiproquo. Et comme elle n’avait aucune idée de ce qu’il pouvait bien vouloir dire, elle resta sur sa première idée. La situation la mettait un peu mal-à-l’aise, elle n’aimait pas avancer en terrain inconnu. Mieux valait rester sur sa première idée.

- Ecoutez, c’est sans doute gentil, mais… Vous me draguez ? Je ne suis pas vraiment intéressée en fait, je venais juste ici pour un livre.

Elle réalisa que le son de sa voix n’était pas aussi détendu qu’elle l’aurait voulu. Elle était sur ses gardes, cela se sentait. Pas assez à l’image de la jeune fille qui essaie d’éconduire quelqu’un, gênée mais flattée à la fois car elle croit au compliment. Il lui aurait fallu rougir sur commande pour être crédible.
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MessageSujet: Re: Le pays immaginaire - Librairie Stanford [Alexander] Mar 1 Mar - 17:56

Je n'étais vraiment pas dans mon assiette. Il serait préférable que je m'arrête là et retourne chez moi, dans mon lit à fixer le plafond blanchâtre et morbide de ma chambre avec mon regard gris-bleu, si fatigué.

D'habitude, j'avais un regard ouvert et compréhensif sur le monde mais depuis ma mésaventure, rien n'était plus pareil. Ma grande sœur, m'avait trouvé changé sans qu'elle ne sache pourquoi. Tant mon regard de jeune adolescent inconscient avait mûri. Selon elle, j'avais le regard d'une personne qui avait trop souffert malgré son jeune âge. Si elle savait.
Pour elle, c'était une relation amoureuse qui avait mal fini et je m'étais endurci non sans peine. Or, elle se trompait sur toute la ligne mais me taire était préférable. Tant mieux qu'elle persiste à croire en mes histoires de cœur. J'étais tranquille. Ma cicatrice me rappelait à l'ordre plus souvent que je ne l'aurais voulu, et là présentement j'avais mal.

C'était peut-être un syndrome post-traumatique comme j'avais lu sur Internet. En même temps, on peut y lire tout et n'importe quoi. Mais cela me faisait penser étrangement aux soldats revenus de la guerre où ils avaient frôlé la Mort ... Et qui n'étaient plus les mêmes. J'avais perdu mon charmant sourire au profit d'un sourire de façade que j'égrainais quelquefois au fil des conversations.
Je les voulais sincères ces bribes de sourires, mais je me mentais à moi-même. En quoi étais-je resté Alexander Hamilton ? Parce que j'avais sauvé une jeune fille d'une pile de livres tueurs ? Non, c'était grâce à la Bête, grâce à ses réflexes si Anna n'avait rien eu. Quoiqu'elle s'en était tirée avec quelques bleus ça et là, mais la Bête avait agi. Était-ce moi ou Elle ? Moi ou le Monstre ? Ou un pur réflexe humain, parce que je ne voulais pas la voir souffrir ?
C'était horrible. J'étais horrible de ne pas savoir où être, où me placer. Je n'étais plus un simple humain.


Je suis un Monstre.

Mon air grave, mon changement d'humeur, tout ceci devait paraître bizarre envers mon interlocutrice. Elle doit penser que je suis bipolaire ou schizophrène ou souffrant d'une autre pathologie liée au mental. J'étais juste à deux doigts de craquer, car certains jours mon fardeau était bien trop lourd à porter. Et aujourd'hui c'était le cas. Je n'avais rien contre Anna, vraiment pas. Elle est jolie. Elle me plait. Mais ce que j'ai aperçu lors de son sauvetage me laisse à penser qu'elle n'est pas banale.
Je suis un peu trop curieux, je dois tenir ça de Gwenäe, en tant qu'avocate elle fourre son nez partout et un jour cela lui attirera des problèmes. J'en suis sûr et certain. Mais j'avais pris un peu de cette curiosité malsaine que ma très chère sœur distillait à tort et à travers. Et cela retombait sur Anna.


Rebelote.

Je sentis malgré moi, son pouls s'accélérer et son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine. Cela servait quelquefois d'avoir certaines aptitudes contre-nature. Et je faisais décidément n'importe quoi aujourd'hui, elle était venue pour un livre, je la dirigeais sur les chemins sombres et obscurs de l'occulte ... Elle ne reviendrait pas à la Librairie, j'en étais persuadé et ma patronne hurlerait qu'un autre client a pris la tangente parce qu'une fois encore, j'étais à mille yards de le conseiller correctement.

- Oui c'est vrai. On est tous un peu spéciaux à notre façon.  Répondis-je en souriant. Elle avait doublement raison. Mais elle m'intriguait quand même cette jeune fille mais j'étais juste passé pour un type assez lourd qui avait une drôle de façon de draguer les filles.

Abruti.

Merci.

De rien et avec un malin plaisir.

Elle avait confirmé mon idée première. Elle croyait que je la draguais. La loose. Non pas qu'elle me soit déplaisante, bien au contraire. Et en plus même si c'était le cas -où je la draguais ouvertement-, elle n'est pas intéressée. Encore la loose. Autant rattraper le truc et avouer que oui, je la draguais un peu et que je savais pas vraiment m'y prendre et que j'agirais dans l'ombre pour savoir ce qu'elle cache. En plus d'être curieux, je suis devenu sournois. La Bête et ma sœur se sont alliés pour me rendre ainsi ou quoi ?

Ou étais-je déjà ainsi ? Qu'importe.


- Oui, j'avoue. Et visiblement je suis vraiment maladroit. Avouais-je avec un sourire contrit et une main passée dans mes cheveux foncés. Je faisais toujours cela quand la situation était devenue bien trop embarrassante à mon goût. Veuillez m'excuser, je vous trouve vraiment jolie et euh ... je ne savais pas comment faire.

La totale loose mon gars.

Si ça peut aider à savoir ce qu'elle "est".

Pas faux.

- Je vais vous trouver un livre digne de ce nom et vous pourrez partir. Encore désolé Anna.

Je souris, un peu tristement. Car malgré les quelques minutes passées ensemble, j'appréciais sa compagnie.

Tu t'attaches un peu trop souvent aux "gens" ces temps-ci.

Peut-être bien.






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