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Poudre de Cheminette



 

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[Chemin de Traverse] Les foudres de Zeus (libre)

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MessageSujet: [Chemin de Traverse] Les foudres de Zeus (libre) Mar 10 Fév - 20:55


Un éclair zébra le ciel...

Un... deux... trois... [...]

Et la foudre frappa, quinze secondes plus tard. Quinze secondes. Cinq kilomètres. L'orage se rapprochait et, déjà, je sentais les tremblements s'extirper de ma poitrine pour se déverser dans mes veines et empoisonner tout mon corps. Déjà, une migraine pulsait sous mon crâne et ma vision semblait vouloir se flouter un peu plus à chaque instant.
Inspire.
Expire.
Me calmer par tous les moyens.
Avoir une crise en plein milieu du Chemin de Traverse n'était pas inscrit au programme de ma journée.

L'eus-je su, eus-je deviné que le ciel allait s'enrager et cracher sa colère sur nous autres, pauvres mortels, que je serais resté calfeutré chez moi, à trembler et attendre que le ciel me tombe sur la tête. Mais nous étions en plein cœur de l'hiver et je n'avais rien vu venir. Un orage en février.... le monde ne tournait vraiment plus rond.
Aussi me trouvai-je dans la plus sorcières des rues passantes, moi, un étranger de premier ordre qui se plaisait à jouer les intrus. Il m'avait pris l'envie de venir flâner dans les rues et qui sait, y faire quelques emplettes pour Duncan, mon petit frère, qui lui aussi aurait tellement aimé être un sorcier.

Un nouvel éclair déchira l'horizon et je frémis de plus belle.
Impuissant et vulnérable, je me demandais soudain si les sorciers avaient seulement entendu parler des cages de Faraday ou des paratonnerres. Peut-être étaient-ils tous immunisés, par je ne savais quel mystère, contre le déchaînement des éléments. D'après Macha, les sorciers avaient une espérance de vie à tomber par terre, pour peu que leur route ne croise pas un fou en puissance, armé de mauvaises intentions.
A cet instant précis, j'aurais donné tous les gallions que je n'avais pas pour m'offrir un sortilège qui me protégerait à jamais de l'orage. Et je ne pouvais que regarder la foule qui continuait de flâner comme si de rien n'était. Quant à moi, je savais que je ne survivrais pas à un autre coup de foudre. Au sens littéral. Foudroyé une fois, quelques années plus tôt, j'en gardai des séquelles physiques, mentales et émotionnelles dont je savais pertinemment que je ne guérirais jamais.

La panique qui grimpait doucement en moi menaçait de me faire perdre la moindre parcelle de mon self-control, déjà bien amoché par l'impression étrange de ne pas être à ma place, en ce lieu et à cette heure. Au milieu de tous ces gens, si différents de moi, c'était pourtant tout ce que je possédais, mon self-control. Assorti à mon allure (sans fausse modestie, j'étais carrément beau, vous pouvez le dire) et à un sourire ravageur, j'avais l'habitude de me sortir de n'importe quelle situation, et ce,  avec brio et...

Un... deux... trois...

Six secondes. Deux kilomètres.
La menace devenait plus réelle à chaque instant.
Désespérément, je fouillais les alentours du regard, tout en serrant mes poings au fond des poches de ma veste, pour les empêcher de trembler, pour les empêcher de me trahir.
Je me savais trop fier pour aller demander l'hospitalité à un quelconque commerçant de la ruelle.
Tout comme je me savais trop, non pas pudique, ni même orgueilleux... trop moi, peut-être, pour accepter de vivre une crise devant des yeux étrangers.

Alors que des zig-zags envahissaient mon champ de vision et qu'une puissante migraine menaçait de me vriller les tempes, j'aperçus enfin une venelle obscure et déserte, à l'écart. Les premières gouttes d'orage, lourdes et énormes, commençaient à s'écraser sur le pavage. Furtivement, je rejoignais mon refuge, qui s'avérait n'être qu'un bout de mur en brique, abrité d'un vague toit en bois...

Pas de métal, pas de métal...

Je ne connaissais que trop bien les consignes de survie en cas d'orage.
Sans hésiter, sans même plus penser aux yeux qui pourraient me voir, je me pelotonnai sous cet abri de fortune, recroquevillé sur moi-même. Posé là, immobile, je ne pus arrêter les tremblements. Mon corps entier était une gigantesque secousse.





Dernière édition par Domhnall Monaghan le Dim 1 Mar - 20:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Chemin de Traverse] Les foudres de Zeus (libre) Jeu 26 Fév - 11:26

Trop froid, trop humide, trop pas un temps pour les gens importants quoi ! Toi pauvre vermine qui n'a ni titre de noblesse, ni position importante dans la société, on s'en fiche que tu te choppes une pneumonie pour aller interviewer un vieux débris (pardonnez-moi Archibald, une femme trempée voit son respect fortement amenuisé) qui fait savoir après que l'on se soit déplacé sous la flotte que lui ne viendra pas, car, légèrement enrhumé !

Je t'en ficherais moi des rhumes.

Si elle n'avait pas mis ses nouvelles bottes, elle aurait sauté de rage à pieds joints dans une flaque qui commençait à se former.

Tiens, mais elles sont en gortex mes bottes ...

Deux trois passants, pressés parce que ça commençait à pleuvoir sec (enfin, façon de parler), se dardèrent d'un air surpris en voyant la jeune femme se comporter si étrangement.
Saoirse leur adressa son plus beau sourire et traversa la rue sous une pluie maintenant battante, quittant la banque Gringotts qui était censée accueillir l'interview du Ministre enrhumé a propos des nouveaux sorts anti intrusion qui avaient été installés.

Campbell, lui, il se serait déplacé. Ne put-elle s'empêcher de songer.

Malgré toutes les bonnes intentions des deux hommes, il semblait que les relations aussi cordiales soient elles en publique, ne soient pas réellement au beau fixe. Les douloureuses décisions quant à l'aménagement du territoire semblaient avoir raison de la patience de Strogov.

Saoirse farfouilla dans son sac et en sortit sa baguette.

- Impervius. Soupira-t-elle.

Les gouttes de pluie daignèrent alors s'échouer sur autre chose que son blouson et ses cheveux, qu'elle avait eu la bonne idée d'attacher sévèrement en queue de cheval. Bonjour la classe et la distinction quand on ressemble à un vieux caniche qui aurait passé une nuit pluvieuse à côté de sa niche.
Parfois, c'est con les caniche.
Souvent en fait.

Un éclair zébra le ciel. Elle ne pu réprimer un frisson d'excitation. Les orages, c'était toujours plus sympa au chaud dans un pub ou au fond de son lit la nuit, certes, mais qu'est-ce que c'était beau.
Elle leva les yeux au ciel, guettant la prochaine déchirure céleste avec une avidité légèrement morbide.
Le roulement du tonnerre se fit entendre à l'instant précis où le second éclair se manifesta. Le temps entre l'image et le son semblait se réduire à chaque instant.

-Je crois qu'on va en prendre un beau... murmura-t-elle.

Bouse, Ezio me déteint dessus, je suis là, les pieds dans la flotte à regarder passer la foudre.

Elle haussa les épaules et reprit sa marche. La pluie devenait de plus en plus pressante et sa baguette paraissait lutter contre la puissance de l'eau. Bientôt, des rideaux de pluie se déversèrent sur le chemin de traverse, on ne voyait plus à trois mètres.

-Génial... c'est un coup à rater son transplanage et se retrouver au fin fond de la jungle amazonienne , avec un bras de chaque côté du Pain de Sucre...

Elle se faufila rapidement sous un petit toit en bois qui servait déjà d'abri à un … SDF ? Mendiant ?  Recroquevillé et qui tremblait.

Elle lui jeta un œil suspicieux avant de réaliser qu'il s'agissait en fait d'un homme visiblement terrorisé qui tremblait comme une baguette de sourcier. Abaissant sa baguette désormais inutile contre la pluie, mais la gardant précieusement dans sa main, elle se pencha vers l'individu.

-Vous êtes blessé ?

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MessageSujet: Re: [Chemin de Traverse] Les foudres de Zeus (libre) Dim 1 Mar - 20:24


Si j'avais cru en Dieu, le moment aurait été bien choisi pour Le prier de toute mon âme. Qu'Il m'épargne. Ou qu'Il me rappelle à Lui, pour mettre une bonne fois pour toute un terme à mes souffrances. Ou peut-être encore, plus simplement, qu'Il se débrouiller pour me transplanter ailleurs, dans un autre paysage. Un coin sans orage, ce serait bien, mais, à défaut, un endroit sans sorciers pourrait faire l'affaire. Durant de brefs sursauts de conscience, entre deux longues errances au Pays des Terreurs Sans Nom, je me sentais humilié de me trouver ainsi, en position de faiblesse, dans un endroit tenu secret de mes véritables concitoyens, au milieu du fourmillement de ces gens qui me jugeaient inférieur pour la seule raison que j'étais né sans magie dans les doigts.

Mais je ne croyais pas en Dieu. Et sous ce ciel qui n'en finissait pas de pleurer, je fus terrassé par un sentiment de solitude écrasante.

Sentiment qui vola en éclat quand un filet de voix se fraya doucement un chemin dans mon silence rempli de coups de tonnerre.
J'étais déchiré entre de multiples émotions contradictoires. La terreur, bien sûr, ma fidèle compagne des soirs d'orage. La reconnaissance, que, parmi une foule anonyme, il y ait eu une femme avec assez d'altruisme dans le sang pour s'interroger sur mon état. La honte, d'être vu dans de telles circonstances. La colère, injuste, qui me donnait envie de cracher à la figure d'une voix si douce. La jalousie, de l'entendre affronter l'ire du ciel sans frémir. De tout ce fatras de sentiment, je peinais à extirper un seul d’entre eux. Il me semblait qu'ils se contaminaient tous mutuellement, leurs frontières devenues poreuses. La terreur nourrissait ma colère. La honte excitait la jalousie. J'en devenais presque aveugle au monde et au drame qui se déroulait au-dessus de ma tête. J'avais toujours les sens exacerbés par les foudres célestes et ce jour-là ne faisait pas exception.

Un... deux... trois...

Au fond de moi, une petite partie, qui s'était détachée du reste, poursuivait son décompte à chaque fois qu'un éclair lacérait l'univers.

« Je... »

J'étais incapable de prononcer le moindre mot, au travers de mes mâchoires serrées. Ma piètre tentative ressemblait trop à un gémissement pour que j'ose seulement réitérer l'expérience.

La foudre frappa à deux pas de nous. Je poussai un hurlement de terreur et de désespoir mêlés, comme si une instance supérieure avait tenté d'arracher mon âme de mon corps. Je sentais les bords de ma conscience vaciller, un fourmillement parcourir tout mon être. Puis un calme absolu s'abattit sur moi. Le monde était soudain muet. Peut-être était-ce cela mourir.

En vérité, j'étais seulement sur le point de perdre connaissance.



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MessageSujet: Re: [Chemin de Traverse] Les foudres de Zeus (libre) Mar 3 Mar - 21:40



L'éclair qui suivit (beaucoup trop prés à son goût) fit trembler le sol comme si un troupeau d'éléphants faisait son jogging sur le chemin de traverse. Cela aurait fait, ma foi, un assez beau titre pour le lendemain, mais restait néanmoins peu probable.
L'orage, c'était cool, mais de préférence, un poil de boursouflet plus loin.
Elle jeta un œil à l'autre bout de la ruelle s'attendant presque à voir un trou béant où la foudre aurait touché le sol, mais à part le rideau de pluie, pas un chat.

- C'est l'orage qui vous met dans cet état ?

Elle tachait de masquer la surprise dans sa voix. Ce n'était pas très délicat. Oui, il lui arrivait d'avoir du tact. Elle aurait tout aussi bien pu dire « Un grand gaillard comme vous ? !! Allons ! Un peu de sang froid! ». Mais, elle s'abstint. Il fallait avouer qu'un orage d'une telle ampleur, ça pouvait vous jeter un homme à terre. Littéralement.
Celui-ci semblait en bonne voie, guidé par une attraction terrestre particulièrement forte et sa voix à lui paraissait se liquéfier en cours de route. Entre deux hurlements bien sûr.
Elle abandonna baguette et méfiance lorsqu'elle réalisa que le pauvre homme allait réellement s'évanouir.

Peut-être était-il réellement blessé après tout.

Elle passa rapidement son sac en bandoulière pour se libérer les deux mains et entreprit d'aider l'homme à se relever.

- Venez, ne restez pas sous la pluie. On peut s'abriter à deux pas. Le temps de …

Cessez de trembler comme une feuille? Reprendre figure humaine ?

- … Vous remettre de vos émotions.

Là.

Elle empoigna le pauvre homme avec toute la force qu'elle pouvait réunir.

C'est qu'il est grand le bougre.

Ils firent deux pas... comme ils purent. Elle sentait ses propres jambes se dérober sous le poids de l'homme. Difficile de porter un gaillard plus grand et plus lourd dont aucun membre ne répondait à l'appel. Un poids mort en somme. Et bien sûr, pas un passant en vue qu'elle aurait pu apostropher pour demander un peu d'aide. Elle tenta  alors de le motiver, par tous les moyens.

- Je travaille à deux pas... Je vous promets un bon café, bien chaud.... à l'abri... en charmante compagnie.

Elle fit une pause sous un petit Haut-vent et poursuivit dans un sourire amusé, le souffle court de part l'effort qu'elle venait de fournir.

- La charmante compagnie, c'est moi.

Au cas où il n'est pas remarqué.

-Les locaux sont assez bien insonorisés et on n'aura pas l'impression d'être la cible de Zeus.

Ils traversèrent la rue qui menait aux bureaux de la Gazette et se retrouvèrent enfin devant la haute porte en bois. Saoirse mourrait d'envie de faire une pause, cependant, son compagnon semblait peu enclin à rester ne serait-ce qu'une seconde de plus sous cette averse déferlante. Elle souffla un bref instant et franchit le seuil, son acolyte toujours appuyé sur son épaule. Ou aurait-elle du dire, son épaule, écrasée sous le poids de l'homme. Ç'aurait été plus juste.

Fatiguée mais particulièrement heureuse ( elle venait tout de même de sauver la vie de cet homme. Si, si.) elle monta les quelques marches menant aux bureaux.

-Hey Peerce. (Le nouveau stagiaire qui assurait la permanence aujourd'hui). Barny est-là ?

Barny = Barnabas. Le rédacteur. Qui lui, n'aurait peut-être pas apprécié l'intrusion d'un étranger au journal sans que personne ne soit capable de lui donner un nom. Ou … une utilité quelconque.

- Non, il avait un rendez-vous...

Il lui jeta un œil interrogateur auquel elle répondit d'un sourire énigmatique. Qu'aurait-elle pu dire après tout ? Qu'une fois encore elle s'était prise pour un médicomage.

J'aurai adoré être médicomage.

- Ok, super. Tu nous lancerais deux chocolats chauds s'il te plaît ?

Certes, elle avait parlé de café. Mais … pour tout dire, ce n'était pas sa boisson préférée. Et puis l'homme était encore trop choqué pour protester. Alors il boirait du chocolat.

Peerce s'empressa de répondre à la demande de Saoirse. Il avait un petit faible pour elle et elle était bien honteuse de l'avouer mais elle ne se privait pas d''abuser des avantage que ce petit faible proposait. Il lui amenait toujours des petites mignardises avec son chocolat, lui offrait parfois des fleurs qu'il laissait sur son bureau sans rien dire... mais personne n'était dupe. Il lui racontait les potins qu'il entendait dans le journal parce que personne ne faisait attention à lui. En contre-partie, elle l'avait toujours traité avec respect et gentilesse, l'emmenait souvent avec elle lors de ses déplacements et lui avait présenté tout un réseau de personnes qui lui seraient utiles pour son futur métier dans le journalisme.
Il n'était dans l'équipe que depuis quatre semaines, mais déjà, ils avaient lié une complicité particulièrement agréable pour la jeune femme. Il fallait en profiter, il finirait bien par se déclarer et elle serait alors obligé d'être claire et ferme et adios les petites attentions. Classique.

Elle poussa la porte du pied et ils pénétrèrent dans son petit univers. Un petit bureau, tapissé de photos en mouvement sur un mur le reste étant plutôt épuré. Elle n'aimait pas les décorations trop chargées. Seule exception, un paysage d’Écosse au fusain, réalisé par son frère quelques années auparavant et dont elle ne pouvait se séparer. Le reste était pratique et plutôt nature. Un bureau fait d'une planche sur deux tréteaux sur lequel on pouvait voir deux photos personnelles et différentes plumes et calepins, deux fauteuils de couleur, le reste n'était qu'étagères en bois, dossiers et plantes vertes.
Elle aida son hôte à s'asseoir dans l'un des fauteuil et lui tourna le dos pour lui laisser quelques minutes pour reprendre ses esprits.


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MessageSujet: Re: [Chemin de Traverse] Les foudres de Zeus (libre) Dim 15 Mar - 12:24


Je n'étais pas assez fou pour me frapper la tête avec une poêle en fonte mais j'imaginais que les effets secondaires en seraient assez similaires : un puissant effet de gong dans la boîte crânienne, qui enverrait des réverbérations dans la moindre fibre de mon être. Un tourbillon d'étoiles embraserait ma cervelle, tandis que ma raison fluctuerait aux abords de ma conscience vacillante.
C'était tout l'effet que m'avait fait ce énième coup de tonnerre et si je perçus, dans ce tableau apocalyptique, qu'un nouvel élément se greffait à la scène, ce ne fut pour moi qu'une présence fantomatique, dont la réalité laissait à désirer. Un filet de voix avait beau filtrer jusqu'à mes oreilles,  deux mains douces et fermes eurent beau me saisir sous les aisselles pour ramener mon corps à la verticale, un corps tout entier eut beau me servir de tuteur humain pour éviter que je ne m'effondre... et un éléphant rose à poids verts aurait eu beau croiser ma route, le peu de conscience qui me restait était tourné vers l'intérieur, oublieux de la folle course du monde. Il me semblait qu'une pulsation immense résonnait en ce point névralgique de mon corps, là où la foudre avait frappé la dernière fois et où la peau de mon dos arborait une cicatrice éclatée. Cette pulsation sourde et pourtant omniprésente, rayonnait jusqu'au plus petit de mes orteils et me soulevait l'estomac. Le peu d'humanité qui subsistait en moi se força à jouer les gentlemen, et à ne pas expulser bile et peur viscérale dans un dégorgement salvateur. Je conservais mes humeurs dans mon estomac et remettais mon destin entre les mains de qui voudrait bien me prendre sous son aile.

Du trajet qui nous sépara de mon point de chute à .. à cet endroit. À l'abri. Un toit sur la tête et quatre murs pour nous couper des éléments enragés.
J'étais plutôt du genre à prôner le retour à la nature, l'écologie et tout ce qui pourrait nous ramener aux sources, mais, parfois, l'ingéniosité humaine avait du bon.
De ce trajet, je ne me souviens de rien.

« Les fenêtres... »

Ma voix n'était qu'un mince filet de sons entrechoqués.

«  Les fenêtres... il faut fermer les fenêtres. »

J'étais prisonnier d'un de ces instants où le sens commun n'a plus aucun droit. Que m'importait de passer pour un illuminé ou un simple d'esprit tant que je n'avais pas l'assurance absolue d'être en sécurité.
Un traumatisme pouvait avoir une multitude d'effets sur une seule et même personne : la volonté extrême de tout en oublier, une sorte de fascination morbide qui vous forçait à ressasser en boucle les mêmes images, une curiosité frôlant le fanatisme pour tout comprendre du phénomène... ou encore le besoin irrépressible d'en savoir le plus possible pour ne jamais en être à nouveau la victime. J'étais plutôt de ceux-là. Sans compter que dans les semaines et les mois qui avaient suivi mon « coup de foudre », alors que je me heurtais à l'incompréhension des médecins, aux silences stupéfaits de mes concitoyens et à l'indulgence prudente de mes proches, il faisait bon de parcourir la toile à la rencontre de gens comme moi : des miraculés de l'orage. Internet avait quelques avantages de ce genre-là, à permettre à des individus lambda de former de petites communautés, rassemblés par des expériences communes, quand bien même des miles et des miles les séparaient au point de ne jamais se rencontrer.

J'avais conscience, je crois, par-dedans moi, que mon comportement était tout sauf normal, tout sauf rassurant. On ne psalmodiait pas sur l'absolue nécessité de clore toutes les ouvertures possibles alors qu'une jeune femme aux gestes fermes et à la voir douce venait de vous sauver la vie.
Mon ressenti était intraitable en la matière : elle m'avait sauvé la vie, sans aucune hésitation possible. Et dans le regard que je lui jetais, il y avait probablement une nuance de reconnaissance éperdue. J'étais plutôt du genre solitaire, mais il était des fois où la solitude était meurtrière, tant pour le corps que pour l'âme. Et alors que ma conscience divaguait encore d'un sujet à l'autre, j'avais le sentiment que la pluie aurait fini par me dissoudre, diluer toutes ces composantes subtiles qui faisaient de moi celui que j'étais.

Quelqu'un eut-il pitié de moi ? Les fenêtres étaient-elles déjà closes ?
Un regard furtif, guettant toutes les ouvertures, m'assura que je me trouvais désormais dans un cocon sécurisé, un fauteuil sous les fesses et une tasse de chocolat chaud entre les mains. Comment était-elle arrivée jusqu'ici.

«  Merci. »

Le fil de ma conversation, comme mes pensées, étaient décousu.

Un nouveau tour d'horizon visuel me fit rencontrer quelques étrangetés. Une photo animée. Plumes ensorcelées. Pas un zeste de technologie.

«  Vous êtes une sorcière. »

Je ne savais pas pourquoi l'idée ne m'avait pas frappé plus tôt. Je m'étais échoué sur le Chemin de Traverse, lieu éminemment sorcier s'il en était... Pourquoi m'étais-je persuadé avoir retrouvé par quelques miracles les traces de la civilisation ?

«  Je veux dire... »

Évidemment, pour assurer ma crédibilité et me redonner quelques contenances, ce fut ce moment-là que choisir mon corps pour me trahir une nouvelle fois et se lancer dans une série de tremblements tous plus humiliants les uns que les autres.



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MessageSujet: Re: [Chemin de Traverse] Les foudres de Zeus (libre) Dim 22 Mar - 18:35



- Pourquoi ?? Vous, pas ? Sa voix douce et grave avait des accents angoissés.

Mortifiée. Elle se pinça les lèvres.
Jamais elle n'aurait ne serait-ce que caresser l'idée qu'il pu y avoir des moldus sur le chemin de Traverse à cette période-ci de l'année.
On les reconnaissait aisément à la fin du mois d'Août lorsqu'ils accompagnaient leur petite progéniture sorcière faire des emplettes pour la rentrée. On croisait alors le regard de ces parents, à la fois très fiers et drôlement effrayés par ce monde de fou qu'ils allaient côtoyer pour les 20 années à venir.
Ce type là, n'avait rien du père de famille accompagnant son rejeton à Gringotts. Elle n'avait pas envisagé une seule seconde qu'il pu ne pas être des leurs. Et maintenant ?
Son imagination fertile galopait une fois de plus vers les plaines du drame psycho-émotionnel. Elle se voyait déjà rédiger l'article dans lequel elle se fustigerait elle même : « Une jeune journaliste révèle l'existence des sorciers au monde entier. »
Elle tira sur les rênes et ralenti la bête, non sans mal. C'est qu'elle avait une imagination bien plus riche que son coffre.

Il sait que tu es sorcière.

Il se balade sur le chemin de Traverse.

Il est déjà au courant.


Elle se détendit. Manifestement si quelqu'un avait lâché le morceau, ce n'était pas elle. Mentalement, elle gomma le titre de son article et le troqua pour un autre. (Un moldu découvre l'entrée du chemin de traverse.)

Une nouvelle excitation naquit à l'idée d'avoir mis la main sur un moldu au courant de leur existence sans raison particulière.

Qui te dit qu'il n'a pas de raison ?

Elle balaya la petite voix d'un revers de main et se laissa de nouveau emporter par un tourbillon d'idées toutes plus farfelues les unes que les autres.
Peut-être a-t-il suivi quelqu'un ? Remarqué un jour quelque chose d'étrange et enquêté ? Pris en filature l'un des notre ? Est-il tombé dans une cheminée qui aurait servi à transporter un sorcier ? A moins qu'il ne soit tombé du ciel...

Là tu nages en plein délire...

Remarque, ça expliquerait son état plus qu'étrange.


Elle gagna un peu de temps en sirotant calmement son chocolat. Peerce était reparti à ses occupations du jour qui consistaient visiblement en un tri général de son bureau de stagiaire. Ce qui n'était pas une mince affaire. Depuis des semaines, des amoncellements de dossiers divers et variés côtoyaient des restes de sandwich épars qui menaçaient à chaque instant de vous sauter dessus tant les sauces semblaient avoir vécu. Elle lui avait tendu des perches plusieurs fois. Avait lancé quelques subtile remarques à propos de sorts autonettoyants très efficace puis avait fini par faire comme les autres : renoncer. Du moment que les dossiers qu'il lui apportait ne contenait aucune nourriture compressée entre deux pages, il pouvait bien faire ce qu'il voulait dans son espace à lui. Sauf que là, le boss avait du mettre son véto. Soulagement.
Elle détacha son regard de Peerce pour le laisser courir vers les fenêtres qu'elle venait de fermer. L'orage poursuivait sa rage de plus belle. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'en avait vu d'aussi puissant.
Le dernier était probablement celui qu'elle avait essuyé avec Lenny dans la cordillières des Andes. A l'époque elle imaginait encore qu'il était au dessus de tout, inébranlable et empreint de sagesse. Elle le suivait aveuglément, minimisant les risques qu'il méprisait et ne se doutant pas qu'il était tout simplement inconscient. Leurs relations était désormais assez chaotiques. Elle lui en voulait toujours, il tentait maladroitement de la récupérer. Afin de ne pas céder, elle continuait en entretenir la colère qu'elle nourrissait à son égard. Mais sa célébrité lui renvoyait chaque jour son image à la figure. Lenny Starcey était LE grand reporter de la Gazette. Celui qui couvrait LES événements avec un grand E et un grand S à la fin parce qu'il était à lui seul plus productive qu'une douzaine de vaches à lait. Et en plus, ce sombre imbécile était beau comme un dieu. Bref. Détestable.
Détestable, mais absent depuis Quatre mois déjà, ce qui avait le double avantage de ne pas le voir se pavaner sous son nez tous les jours et d'avoir obtenu la couverture de la campagne de Campbell, ce qui était un sacré avancement pour la jeune femme.
Et toc.

Se souriant à elle-même elle recentra son attention sur l'intant T.

Et si j'avais mis la main sur le chef d'une filière tentant de s'infiltrer dans notre monde ?

Elle détailla l'individu qui se trouvait face à elle. Plutôt pas mal, les cheveux bruns, les yeux clairs. La carrure sportive quoi qu'un peu tremblotante à l'instant même. Il serait du plus bel effet en couverture.
La jeune femme s'autorisa un second sourire et remit définitivement les pieds sur terre.

- C'est bien ça. Vous vous attendiez à trouver quoi exactement en vous promenant par ici ? A part un orage exceptionnel... Ajouta-t-elle a demi-mot.
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MessageSujet: Re: [Chemin de Traverse] Les foudres de Zeus (libre) Dim 26 Avr - 21:20


Dans l'état de délabrement qui était le mien, je n'étais pas à même de ressentir une quelconque forme de fierté. D'accablement.
Depuis la lettre qu'avait reçu Macha il y avait désormais une éternité de cela, j'avais été incapable de me décider : étais-je envieux de la magie qui coulait dans ses veines, sans avoir voulu s'emparer des miennes, et me laissant aussi fade et banal que Monsieur-tout-le-monde ? Ou bien étais-je soulagé de n'avoir pas hérité d'une malédiction qui me dépassait et qui nécessitait contrôle, force morale, et pas moins de sept années d'études pour ne pas vous rendre fou ?
Le noir et le blanc n'existaient pas, jamais purs en tout cas : il fallait toujours que l'un vienne teinter légèrement l'autre de son essence : en définitivement, le monde n'était qu'un infini camaïeux de gris. Et moi, je n'étais qu'un Moldu, qui s'était longtemps débattu entre des sentiments contradictoires. Si ce combat éternel n'occupait plus le premier plan de mes pensées, il revenait de temps à autre me titiller, relançant sans cesse le questionnement de ma place dans le monde.

Alors quand cette jeune femme tombée du ciel m'avait pris un instant pour une des leurs, je ne savais plus trop si j'étais fier d'être passé incognito dans la foule ou accablé de n'avoir pas su afficher ma différence.
Mais, en vérité, tout cela disparaissait derrière la crise de tremblement qui s'achevait tout juste. Bien plus que fier, ou accablé ou surpris, j'étais embarrassé. Je n'étais pas sujet aux rougeurs intempestives, mais la peau de mon visage me brûlait néanmoins désagréablement. Je n'avais pas pour habitude de me laisser découvrir dans un moment de telle faiblesse, d'où ma réputation, à moitié méritée, d'hurluberlu solitaire. Mais plus encore que la gêne, c'était le mal de crâne tempêtant mes neurones qui m'empêchait de reprendre contenance.

« Vous auriez une aspirine ? »

Peut-être aurais-je dû demander un sortilège curatif directement. A trop se reposer sur les sorts, il me semblait que parfois les sorciers en oubliaient tout sens pratique. Ou disons qu'ils négligeaient quelques joyeusetés de l'évolution technologique et sociale.

« Une infusion d'écorce de saule ? »

Plus probable.
Il n'empêchait qu'à évoquer la question des sortilèges curatifs, une idée farfelue avait germé dans mon esprit. Macha prétendait que les sorciers avaient un sortilège pour absolument tout. Et là, tombée du ciel, la pensée farfelue, l'espoir fou. Je savais pertinemment, au fin fond de ma conscience, que la chose était impossible, mais l'espérance est une plante tenace, qui s'enracine sur les terrains les plus périlleux et ne s'arrache qu'avec des efforts inhumains. Il valait mieux, parfois, entretenir quelques espoirs déraisonnables que s'acharner à les refouler. Ils finissaient toujours par revenir.
Ma petite boule d'espérance était à la fois d'une simplicité déconcertante et d'une conception impossible. A côtoyer Macha depuis de longues années, je me demandais comme je n'y avais pas pensé plus tôt :

« Connaissez-vous un sortilège paratonnerre ? »

Les sorciers connaissaient-ils seulement le nom ?

« Un quelque chose contre la foudre ? »

Je savais pertinemment que l'orage avait viré pour moi à l'obsession. Mais c'était plus fort que toute la volonté du monde, quand le ciel se déchirait et que Zeus criait son courroux, j'étais incapable de penser à autre chose.

« Ça, par exemple ? Qu'est-ce que c'est ? »

Preuve que le calme me revenait, je commençais à m'ouvrir à ce qui m'entourait. Mon attention n'était plus uniquement centrée sur les roulements rauques du tonnerre, mais sur mon environnement immédiat. Et, par ma foi, l'objet que je pointais, une sorte de cube surmonté d'une multitude d'antenne, qui vrombissaient doucement, aurait très bien pu être un protecteur de foudre.

« Parce que non. Pas moi. »

A nouveau cette ambivalence de sentiments. Un soupçon de honte mêlé d'une fierté paradoxale.



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MessageSujet: Re: [Chemin de Traverse] Les foudres de Zeus (libre) Mar 5 Mai - 11:14



L'écorce de saule ?

Elle avait dit sorcière, pas frappée d'agueusie.

- J'ai de la menthe poivrée si vous voulez. Sur moi c'est radical !

Elle ouvrit un tiroir de son bureau et en sortit une petite fiole violette qu'elle posa devant son hôte.
Dehors le roulement paraissait déjà un peu plus lointain. On était passé du survol de dragons déchaînés au rugissement du sombral en furie. C'était pour dire à quel point ça allait mieux. Elle serra un peu plus ses mains autour de la tasse de chocolat qui remplissait l'air d'un arôme délicieux. Il était parfait. Peerce était juste un as du dosage de chocolat.

- Bien sûr qu'on a des sortilèges contre la foudre. La plupart de nos bâtiments en sont équipés. Vous faites comment vous?

Le protégo fulgur. Extraordinaire sortilège qui lorsqu'il était parfaitement maîtrisé permettait comme à Poudlard de voir la foudre se déchaîner sur un lieu sans en subir les conséquences. Elle se souvint de la maestria de certains soirs d'orages au château à travers le plafond de la salle commune. Grandiose !

- C'est vrai que vous avez vos espèces de baguettes de métal. J'ai jamais vraiment compris en quoi ça protégeait ce truc là. Ça attire la foudre non ? Je trouve pas très rassurant de l'attirer sur le toit d'une maison...

Elle tourna les yeux vers le petit appareil vrombissant qu'il lui désignait. Et se senti rougir un peu. Cadeau de Louisa. Elle avait probablement déniché ça dans une brocante de magie pour les nuls où l'on vend des gri-gri comme des bonbons. Elle l'avait baptisé l'antitordu suite à l'histoire Lenny. A la base, le truc en question était vendu comme un puissant détecteur de mensonges capables de sonder votre vous le plus profond. Celui que vous-même ne parvenez pas à entendre lorsqu'il vous parle. Ayant bien vite constaté que le truc était une camelotte digne d'une blague de chez Zonko, Louisa lui avaient inventé une autre fonction à l'aide de sortilèges sortis tout droit de son imagination débridée mais qui avait valu aux jeunes femmes de bons fou-rires.

- Heu ça, c'est un... détecteur de manipulateur pervers narcissique. Confessa-t-elle un peu honteuse.

Si on s'en arrêtait là, ça pouvait paraître surprenant. Voire effrayant.

- En fait c'est une amie qui...

Encore pire. Le coup de la copine qui se mêle des histoire de cœurs de la pauvre greluche.

- Pour tout dire j'ai un don pour... S'enfonça-t-elle.

Attirer les blaireaux ?

La c'était le crash imminent.

Elle leva les yeux au ciel et se maudit intérieurement. De toutes les choses qui trônaient dans son bureau, pourquoi avait-il fallut qu'il porte son attention sur la plus ridicule ? Elle avait de superbes dessins d'Ezio, des articles collector de la Gazette, qu'elle n'avait certes pas rédigés, mais dont elle pouvait parler des heures sans avoir l'air trop stupide et pleiiiin de photos de gens recherchés qu'il aurait pu reconnaître brusquement et là, paf, reconnaissance éternelle de la nation sorcière à son égard. Mais non.

Il avait choisit le machin de Louisa. Le détecteur de blaireaux. Et elle était là, à étaler sa vie privée devant un homme limite en état catatonique, moldu de surcroît. Elle secoua la tête et lui adressa un sourire d'excuses.

Et tout ça, c'était une fois de plus la faute de Lenny.

Il me pourrit la vie, même quand il n'est pas là.

- Je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça...C'est un truc débile, je le garde juste parce que c'est une amie qui me l'a offert. Il me rappelle que c'est plus important de pouvoir se regarder dans une glace que de plaire aux autres.

Et bien voilà. Tu sais te présenter sous ton meilleur jour.

- C'est compliqué. Avoua-t-elle.

Elle se mordit les lèvres et plongea dans sa tasse de chocolat. Elle finit par relever le nez en souriant.

- Des fois j'aimerais bien un sort pour faire marche arrière. Vous savez, revenir au début d'une phrase ou d'une discussion où vous avez l'impression de passer pour une andouille. Pouvoir recommencer la scène à volonté jusqu'à trouver la façon de faire qui vous rendra un peu plus intéressant.

Et tu dis ça au type qui vient de se faire traîner jusqu'à ton bureau parce qu'il est paralysé par l'orage.

- Je disais ça pour moi.

Crut-elle bon d'ajouter.

Des fois je m'avadakedavrais bien toute seule....

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MessageSujet: Re: [Chemin de Traverse] Les foudres de Zeus (libre) Lun 19 Oct - 20:54


Comme un enfant bien dressé, je taisais. Longtemps. Tout le temps qu'il eut fallu pour me parler, de tout et de rien. De la menthe poivrée, que je ne connaissais jusqu'à présent qu'en infusion. Des sortilèges contre la foudre, dont je n'osais m'enquérir s'ils étaient utilisables sur les êtres humains. Des paratonnerres et des cages de Faraday qui étaient mes antidotes personnels aux nuits d'orage. Des détecteurs de manipulateurs narcissiques...

S'il s'était mis à vrombir comme un fou quand j'étais entré, ça veux dire que j'en suis un ?

Des amies qui faisaient de drôles de cadeaux et de l'éternelle question de plaire ou déplaire aux autres.

Ma tête était assaillie de réponses multiples. Et le mal de tête qui ne décramponnait pas ne m'aidait en rien à faire le tri. Si j'osais ouvrir la bouche, il en sortirait probablement une logorrhée verbale qui me sortirait peut-être de la case de blaireau ambulant pour me refourguer dans celle du type ennuyeux et auto-centré.
J'avais les neurones proches du point de fusion et l'espace d'un court instant, je restais juste assis là, bouche bée, tel l'idiot du village devant une dissertation de philosophie. Parler, est-ce le contraire d'agir ?.

Je décidais d'apporter ma propre réponse à ce dilemme, sans dresser de plan thèse-anti-thèse-synthèse, mais en servant une démonstration dans l'espace et dans le temps. Parler était-il le contraire d'agir ? Aucune idée. Mais agir permettait parfois d'éviter de parler.
Sans un mot, je me levais. Cahin-caha. Pas très drôle sur mes guibolles flageolantes. J'inspirai un grand coup et expirai lentement, afin de ralentir mon rythme cardiaque. Ou encore d'empêcher ma tête de tanguer. Le tournis s'était emparé de mon estomac qui dansait la gigue. Inspiration. Expiration. Ma fierté dut-elle en pâtir (elle n'était tellement pas en état de faire sa susceptible, de toute manière), je me raccrochai au premier meuble qui me passa sous les doigts.

Dès lors que mes esprits se furent éclaircis, je tournai le dos à cette jolie sorcière qui m'avait ni plus ni moins sauvé la vie. Je me détournai et me dirigeai droit vers la sortie. « Droit » était un bien grand mot. Le tonnerre qui tambourinait mon crâne me faisait vaciller de ma trajectoire. Mais, par révérence, ou par simple chance, je finis par atteindre ce que je supposais être ma porte de sortie. L'ouvris. Franchis d'un pas la frontière qui séparait "dans" le bureau et "hors" du bureau. ET refermai doucement la porte derrière moi.

J'aurais voulu pouvoir mettre la suite de mon plan à exécution dans la seconde. Mais il me fallait affronter la triste réalité : je n'étais tellement pas en état. Je farfouillai mes poches à la recherche de quelque chose. Un chewing-gum, un porte-clef, n'importe quoi pour m'aider à me raccrocher à la réalité et achever de me remettre les deux pieds sur terre. Je dénichai un banal élastique. Même pas coloré. Le truc noir, banal, basique, qu'une fille avait probablement un jour oublié dans ma poche. Je savais mes neurones en trop mauvais état pour accomplir la fouille mémorielle nécessaire à retrouver un souvenir, une histoire à rattacher à ce petit accessoire du quotidien. Au diable ! Il conserverait son mystère. Il n'était pas là pour jouer aux madeleines de Proust mais pour occuper mes doigts et aider mon esprit à valider son ticket de retour.
Je l'étirai dans tous les sens, le faisant maladroitement claquer sur ma peau à en laisser des traces rougeâtres. La douleur m'aidait à faire le point. Assez pour me permettre de retrouver mon sourire des grands jours en une soixantaine de secondes à peine.

J'étais fin prêt.

Je toquai discrètement à la porte que j'avais refermé derrière moi. Faisant fi des politesses, je rouvris cette même porte, avec une dextérité qui m'amena à penser que je pourrais me reconvertir dans l'hôtellerie. Mon sourire était toujours plaqué sur mon visage, mais il me sembla être devenu guindé. Artificiel. Je l'effaçai.
Du regard, je cherchai ma petite sorcière (c'est vrai qu'elle n'était pas bien grande), la trouvai, l'accrochai. Mon sourire revint de lui-même. Je fis deux pas, tendis une main qui ne tremblait presque plus :

« Bien le bonjour ! »

Bien. Maintenant, enchaîner au lieu de rester là planté comme un bêta.

[color=#4388fe]« Je vous ai aperçue au loin, de là-bas, sur le pas de porte, et j'ai eu envie de venir vous parler. J'aime assez les petites rencontres impromptues. Moi, c'est Domhnall. Ravi de vous rencontrer. Ça vous dirait ... »

Je me tenais soudainement, furieusement.
J'ignorai ce que les sorciers pouvaient bien proposer dans ce genre de situation. Un verre était d'une banalité à crever. J'avais toujours préféré opter pour une alternative un peu plus originale.

« Je peux vous offrir un muffin ? Fait maison, frais du matin. »

J'ai ça dans mon stock, moi ?

On aurait dit un mauvais maraîcher, sur son stand, un samedi matin brumeux.



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MessageSujet: Re: [Chemin de Traverse] Les foudres de Zeus (libre) Dim 1 Mai - 15:13

Merde il est parti.
Evidemment qu'il est parti avec ton tact admirable !


Elle était déjà là, à hausser les épaules et grimacer dans le vide, ayant réussi à allier ridicule et contrariété lorsque la porte se rouvrit.
Un sursaut plus loin et une grossièreté retenue à grand peine, elle observa le manège de l'homme qui venait tout juste de quitter la pièce, armée d'un sourire amusé. Elle décida d'entrer dans son jeu autant par malice que pour éviter de mettre à mal le peu de fierté qu'il lui offrait de conserver.

Sa main était grande et ,Merlin soit loué, n'était pas moite ! Il avait une poignée de main qui en disait long : (oui, elle avait depuis peu décidé de se lancer dans l'analyse de poignée de main, croyez-moi, cela en révèle beaucoup sur les gens) il ne lui écrasa pas les doigts et ne la considéra pas non plus comme une pauvre petite chose fragile. C'est donc avec un sourire satisfait qu'elle lui rendit une gentille pression des doigts et retira sa main.

L'homme devait faire bien des efforts pour que son visage ait subit une telle transformation. En quelques minutes tout au plus il avait réussi l'exploit de passer de l'animal craintif et sauvage à un homme poli, charmeur et agréable à regarder.
Alors qu'un éclair zébrait à nouveau le ciel elle éleva la voix dans une exclamation de surprise légèrement exagérée afin de couvrir le bruit du roulement qui s'en suivait.

- Oh ! Si vous me prenez par les sentiments ! Je ne dis jamais non! Explosa-t-elle gaiment. Aux muffins ! Jamais non aux muffins. Ajouta-t-elle prestement.

Gifflage interne.

- Donc … avec plaisir... le muffin. Vous vous asseyez ? Lui proposa-t-elle en désignant le siège qu'il avait occupé quelques instants plus tôt.

Elle-même s'assit, perchée sur son bureau, les jambes en tailleur, puisque nouvelle donne il y avait, autant décoincer une partie qui avait mal commencée. Sus aux explications malhabiles et délicates, bienvenue à la détente.

- Domhnall donc. Moi c'est Saoirse. Journaliste à la Gazette, amatrice de muffins et dompteuse d'orages. Qu'est ce qui vous amène par chez nous?

Sur son bureau, quelque chose bougea et attira son attention. Au sein d'un petit cadre blanc et sobre une petite fille de onze ans aux yeux malicieux était perché sur une énorme valise (la sienne) entourée de deux grands escogriffes bruns dont l'un s'amusait à faire pencher la valise pour faire rire la fillette alors que l'autre contemplait les alentours d'un air rêveur comme s'il les découvrait pour la première fois. Cramponnée aux poignées de la valise la fillette riait aux éclats et finit par descendre involontairement de son perchoir pour atterrir aux pieds du second garçon qui décrocha un léger sourire à son tour. Elle leur jeta à tout trois un regard qui se voulait sévère mais peu convainquant (et très honnêtement, peu convaincu) plus tendre que rigoureux et porta à nouveau son attention sur Domhnall.


J'ai honte:
 
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