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Gare de King's Cross - 29 février 2016

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Serial Kiffeuse

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MessageSujet: Re: Gare de King's Cross - 29 février 2016 Sam 19 Mar - 19:47

Un autre grand boum. Pile au moment où je suis en train de me convaincre que, solidarité post-traumatique ou pas, il faut vraiment que je reprenne mes distances. Alors, forcément, j'en profite et je reste blottie contre ce preux chevalier sans armure ni destrier. Il m'a peut-être sauvé la vie. Et quitte à crever pour des revendications fanatiques, autant pas mourir solitaire, perdue au milieu d'une foule anonyme. Parce qu'avec cette nouvelle explosion, je suis vraiment sûre que c'en est fini pour moi. Et malgré ma déprime de ces dernières semaines, je me prends à penser à tout ce que j'aurais voulu faire. J'ai plein de projets inachevés, je me (re)découvre des rêves insensés. Des voyages autour du monde, des choses à tester, des endroits à visiter, des gens à rencontrer..

.La Laponie...

Je me rends même pas compte que je parle toute seule.
Je devrais me révolter. Essayer de sauver ma peau. Mais je fais rien que dévider ma bonbonne à fantasmes. Je me découvre une vie un peu étriquée, sans tellement d'aventures, sans grands défis à relever. Je me demande où sont passés mes espoirs de gamine. J'attends ma fin et je suis pleine de regrets. Triste bilan.

Je me secoue mentalement, quand je prends enfin conscience que c'est terminé. Pour de bon. J'espère.
J'ai plus aucun prétexte pour rester coller à ce type. Et je me dis que je suis un peu folle quand je me rends compte que je trouve ça dommage. J'avais un sentiment de familiarité troublant quand j'étais dans ses bras. Et je me sentais, je sais pas... rassurée.
J'imagine que c'est typique des situations comme aujourd'hui. On crée du lien dans le drame. La peur, l'angoisse abolissent les frontières qu'on dresse sans le vouloir entre nous tous. On est plus que des gens, des êtres humains, qui survivent comme ils le peuvent.

Je prends une dernière inspiration (il sent bon) et je soupire en m'écartant.


. Pourquoi « deux mois de retard » ?

Je sais. Je suis irrécupérable.
Je suis au beau milieu d'un attentat, avec des blessés et des cris partout, et la seule chose qui me turlupine, c'est cette phrase qui tourne et retourne dans ma tête... Il y avait quelque chose dans sa voix qui... Je chasse l'idée. Je suis vraiment sous le choc et j'ai les pensées qui déraillent.

Je lève les yeux et je le regarde vraiment.


. Mais... vous êtes blessé !

Y a du sang sur son visage et j'esquisse sans y penser un geste pour.... pour je-ne-sais-pas-trop-quoi. Geste avorté. Froncement de sourcils. Rien ne va plus.
Y a du sang sur son visage et pour la première fois, la réalité de ce que je vis me frappe de plein fouet. On est en plein milieu d'un extrait de guerre moderne. Il y a des vrais gens qui souffrent pour de vrai. C’est plus fort que moi, mon regard s'en va errer du côté du drame humain. Il y a ce petit bout de moi, curieux à la limite du voyeurisme, qui a envie de s'approcher pour voir. Je suis pas secouriste, je pourrais probablement rien faire pour aider, mais j'ai envie de voir de mes yeux le drame humain. Curiosité morbide.
J'ai assez de bon sens pour rester à ma place et m'inquiéter seulement des petites blessures de mon chevalier des temps modernes. Ça me rend toute chose de penser qu'un inconnu s'est jeté entre moi et le danger pour me protéger. J'ai envie de sourire, de pleurer, de remercier et de prier. mais je me dis que je suis plus forte que ça. Alors les mots ne franchissent pas ma bouche et restent juste coincés dans mon regard. Mon regard toujours fixé sur lui. Ça devient gênant. Je me sens presque rosir. Je rougis jamais d'habitude.


. Je... je sais pas comment vous remercier.

Elle est bidon, cette phrase.
Je chercher juste une excuse, je crois. On n'a plus grand chose à se dire. On est supposés se séparer et s'en retourner à nos vies en essayant d'oublier. Mais j'ai pas envie de le quitter. Je sais pas. Y a un truc dans ses yeux qui m'accroche. Me retient.


. En fait, je...

...perds complètement mes mots.
Je dois vraiment être sous le choc, à plus être capable de parler sans bafouiller. A avoir l'impression de partir à la dérive, si je quitte ce type qui est un peu ma bouée de sauvetage dans l'inconnu.


. Vous prendriez un verre ?

Le monde explose, y a du sang partout et des bouts de pavés qui flottent encore dans l'air, et tout ce que je trouve à faire, c'est inviter un type que je ne connais si d’Ève ni d'Adam à boire un verre. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?



Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.
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MessageSujet: Re: Gare de King's Cross - 29 février 2016 Sam 19 Mar - 21:23

Lorsqu'enfin elle sembla émerger d'un subconscient particulièrement agité, elle abordait un air perdu, déboussolé et désemparé qui lui arracha un petit sourire au milieu du drame. Il la laissa se dégager de lui et la posa au sol avec douceur, conscient de l'indécence de la garder contre lui plus longtemps que nécessaire. Autour d'eux, tout s'agitait. Il lui sembla reconnaître l'intervention de sorciers du gouvernement. Vêtus de noirs, rapides et se dirigeant vers des buts précis à travers la foule. Une partie de lui avait envie d'aider les blessés, les désemparés, tandis que l'autre freinait des deux pieds en lui murmurant qu'il n'avait rien à voir avec ça et qu'il était inutile de se mettre au milieu. Tout semblait déjà parfaitement orchestré. Trop peut-être.
Des lors qu'elle lui répondit, il eu le pressentiment que quelque chose n'allait pas. Il chercha rapidement des yeux un éventuel mari, un indice à travers son regard à elle. En vain.

« Pourquoi deux mois de retard ? »

Pouvait-elle avoir oublié qu'il l'avait attendu ici même un 2 janvier ? Qu'il était monté dans ce train avec l'espoir fou qu'elle y serait dès sa sortie ? Qu'il s'était interdit d'y croire tout en refusant de renoncer ? Qu'il y avait cru jusqu'à l'embarquement ?
Puis il avait compris. Elle avait fait son choix et il s'en était allé.

A moins qu'elle ne tint à lui signifier qu'ils devaient se comporter en parfaits inconnus. Ce qui pouvait impliquer soit que son mari l'accompagnait, soit qu'elle voulait l'éconduire définitivement sans plus d'explications. Il encaissa la question sans y répondre vraiment, baissa les yeux et s'apprêtait à prendre congé lorsqu'elle s'enquit de sa santé. Il lui rendit un regard blessé. A quoi jouait-elle ?

- Ce n'est rien. Maugréa-t-il. Tout juste quelques égratignures.

Pour être honnête, ce qui le gênait le plus était le lent bourdonnement de ses oreilles qui le déséquilibrait. Il observa calmement ses mains, autant pour se donner contenance que pour en examiner les différentes entailles causées par le verre et releva la tête en la fixant droit dans les yeux, décidé à couper court à cette étrange conversation qu'il lui était impossible de suivre.
De son côté, elle l'invita à boire un verre. Il fronça les sourcils, perdu. Peut-être s'était-elle cogné la tête plus violemment qu'il l'avait estimé.

- Est-ce que tout va bien? S'enquit-il anxieusement.

A sa droite, un homme en noir s'empara du bras d'une vieille dame et l'orienta vers la plateforme 2. Il répéta l'opération avec d'autres personnes autour d'eux, en envoyant une dans la direction opposée. Mal à l'aise, Ezio se passa une main rouge sur le visage et tentait de mettre les informations bout à bout, se sentant perdu, à tout niveau.

- Et bien, oui, à peu près. Enfin, à part tout ça quoi... pourquoi ? Lança-t-elle en englobant la scène d'un grand geste.

Ezio secoua la tête et la sonda encore un instant de son regard sombre avant que celui-ci ne soit attiré par un visage un peu plus loin.

- Saoirse !

Il contourna Stacy en lui frôlant le bras et lui murmura :

– Attendez-moi, voulez-vous ? En lui adressant un regard mi suppliant mi-persuasif.
Il avait besoin de comprendre.

En quelques enjambées il rejoint la petite silhouette qu'il avait aperçue et la tira par le bras pour lui faire exécuter un savant demi-tour. Un peu surprise, son visage marqua un immense soulagement avant qu'elle ne se jette dans ses bras. Il referma les siens autour d'elle.

- Je t'ai cherché partout.
- Je suis là.
- Je t'ai imaginé à moitié mort!!
- Je sais.
- Tu es blessé?
- Non. Décoré tout au plus. Dédramatisa-t-il en lui montrant les plaies de sa joue. Et toi ?Demanda-t-il en scrutant son visage avec inquiétude.

Elle secoua la tête, se blottit contre lui un instant puis leva un visage inquiet. Il effaça toutes traces d'angoisse du sien, se refusant – dans une espèce de fierté mal placée - à lui laisser entendre qu'il s'était également imaginé les pires choses à son sujet. Saoirse était - comme la plupart des personnes se trouvant près de l'explosion – ébouriffée et visiblement choquée mais n'avait jamais paru aussi sûre d'elle qu'à cet instant.

- Ezio, il ne faut pas rester là. Ils contrôlent tout, suspectent tout le monde, et ont déjà leur propre version officielle. Murmura-t-elle. Campbell paraissait furieux derrière son calme apparent. Je crois que ça va chauffer.Ne reste pas là.

- Je n'ai rien à me reprocher, tu sais. Confessa-t-il en tentant un sourire amusé.
- Ezio, ça pue cette histoire. Il y avait beaucoup de monde ici. Je dois me rendre en salle d'attente avec le reste de la presse.
Il leva les yeux au ciel, s'apprétant à rétorquer lorsqu'elle insista.
- Ils contrôlent les baguettes des sorciers.
- Ok. Capitula-t-il.

Elle se dégagea de son étreinte, l'observa un instant silencieusement avant d'ouvrir la bouche. Il ne lui laissa pas le temps de parler.

- Je te retrouve ce soir. Chez toi.

Visiblement soulagée, elle lui sourit avant de tourner les talons.
La foule continuait à s'agiter, aiguillée en tous sens vers des ombres silencieuses et impétueuses. Il la suivit encore un moment des yeux, avec toujours ce même sentiment que quelque chose basculait au creux de l'estomac, puis se retourna à son tour. Alors qu'il s'attendait à ce qu'Anastasia ait disparue, elle se tenait toujours là, debout, seule au milieu de décombres et d'un monde qui commençait à lui donner le tournis. Il avala la distance qui les séparait et attrapa sa main, sans attendre d'assentiment de sa part.

- Venez. Ordonna-t-il. Va pour un verre. Mais pas ici.

Il l'entraîna à travers la foule, prenant soin d'éviter les sorciers de la Brigade Magique et se demandant comment quitter la gare sans se faire remarquer.

« Mais qu'est-ce que tu es en train de faire ? Tu mélanges tout... Elle est moldue...»

S'éloignant de la zone la plus touchée, il remontait la foule qui était dirigée vers les premières plate-formes de la gare et longeait les rails d'un quai maintenant désert en se dirigeant vers l'une des sorties de la gare.
Bien évidemment, cette dernière était fermée par un cordon de policiers britanniques et d'hommes vêtus de noir qui semblaient coopérer pour vérifier les identités de toutes les personnes qui tentaient de sortir. La foule se massait devant les autorités, se faisant plus pressante et plus bruyante. Ezio pressa la main d'Anastasia un peu plus fort et s'orientait dans la file en cherchant un moyen d'obtenir l'autorisation de quitter les lieux. Il n'avait pas de baguette à présenter et avait trouvé judicieux de se cramponner à une jeune femme moldue témoin de la scène. Les chances étaient minces. A quelques pas d'eux, un jeune homme – la vingtaine tout au plus – vêtu de noir également suait à grosses gouttes. Il vérifiait l'identité d'un homme vêtu d'un pardessus gris et semblait hésiter sur la conduite à tenir. A plusieurs reprises, il se retourna vers un autre homme qui paraissait trop occupé pour se soucier de lui. L'homme au pardessus commença à râler qu'on le retardait. Un autre derrière s'impatientait également, menaçant de porter plainte. Une femme vêtu d'une longue robe violette et dans un style très particulier tripotait nerveusement quelque chose au fond de son sac en chuchotant. Soudainement quelqu'un cria :

- Cet homme est armé !!!

Certains se retournèrent, beaucoup se mirent à crier et la foule entama un mouvement de panique qui eut pour conséquence de presser tous les individus contre le cordons humains des policiers qui ne purent résister longtemps à la masse. Ezio agripa Anastasia par un bras et l'attira contre lui résistant au déplacements désordonnés qui s'engageaient autour d'eux. Des gens tombaient, les policiers tentaient de garder le contrôle mais bientôt, la foule eut raison d'eux et un flot de personne se déversa en criant sur le parvis de la gare.
Saisissant l'occasion, le barde entraîna la jeune femme à la suite de la foule et franchi le cordon des forces de sécurité en se démenant pour éviter d'être piétiné. Il marcha à vive allure pour gagner au plus vite une ruelle, au coin de laquelle il tourna, pendant que devant la gare, les forces de l'ordre aidées par des renforts vêtus de noir reprenaient le contrôle de la situation.
Il s'arrêta un peu plus loin, n'ayant prononcé aucun mot jusque là et dévisagea Anastasia en abordant de son côté, un air grave sur son visage un peu pâle. Il venait d'enfreindre la loi. A deux reprises.

« Qu'est-ce qui t'a pris ?? Tu l'as soustraite aux Oubliators ...»


Il ouvrit la bouche, la referma, fit quelques pas face à elle, se passa une main sur le front puis ferma les yeux.

« Calme-toi. Elle n'a peut-être rien vu. »

Stoppant soudainement son manège il fut frappé de plein fouet par la réalité et par son égoïsme.

« Tu l'as faite sortir, uniquement par peur qu'ils ne t’effacent de sa mémoire... »


HJ: Rendons à César... Alors...par où commencer?
- Autorisation obtenue de la part des administrateurs de créer un mouvement de panique et une fuite de sorciers de la gare. Merci beaucoup.
- Merci à Anastasia de m'avoir autorisé à la promener dans la moitié de la gare et d'avoir bien voulu décrocher une phrase. Wink
- Merci à Saoirse pour avoir répondu présente une fois encore à mes appels et pour sa participation active au dialogue ainsi que ses avertissements plein de bon sens. Smile

Et désolé, pour les 20 lignes, c'est pas encore ça. Sad
Je parle trop?


Scotland Homemade ...
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MessageSujet: Re: Gare de King's Cross - 29 février 2016 Dim 20 Mar - 14:47

J'ai qu'une chaussure...

Elle mit un temps à les remettre. Par les, entendez « se remettre et le remettre ». Compliqué. Un bon moment à comprendre qu'il lui parlait et un certains laps de temps pour finir à décoder ses paroles. Il la scrutait avec ses yeux clairs comme s'il cherchait quelque chose.

- J'ai rien. Confirma-t-elle.

Pourquoi j'ai qu'une chaussure?

Chancelante, elle se redressa en se frottant les yeux. On aurait pu croire à un effondrement du grenier de Tante Hyrule. Un élevage géant d'acariens. Saoirse réprima un mouvement de dégoût en imaginant que la poussière qui flottait pouvait éventuellement contenir des restes humains.
Immédiatement, son imagination galopante se mit en route. Explosion = victimes = morts. Son esprit s'agita ensuite à résoudre des équation qu'elle était totalement incapable d'envisager les jours où son cerveau était sain. A supposer qu'Ezio avait tourné les talons quelques minutes avant l'explosion. Que sa vitesse moyenne était de … 5km / h, à quelle distance de cette dernière se trouvait-il lorsqu'elle eut lieu ?
Et hop, à l'imagination galopante se mêla l'un de ses plus grands cauchemar : le perdre.
Elle voyait déjà son long corps à moitié réduit en poussière par la déflagration. L'imagina étendu à quelques pas d'elle, se vidant de son sang (oui, il se vidait toujours de son sang dans ses cauchemars...allez savoir pourquoi).  Elle se retourna, paniquée, ne sachant même plus qu'elle direction il avait prise l'instant d'avant.
Ses yeux croisèrent alors le visage d'Adam Campbell que l'on époussetait et entourait. Son garde du corps, toujours présent, était presque collé à lui, comme s'il cherchait à fusionner avec le ministre. Il semblait indemne. Probablement choqué, même s'il était impossible de le lire sur son visage. Il donnait des ordres à tous les hommes qui s'étaient précipités autour de lui. Elle l'observa attentivement, oubliant un court instant l'angoisse qui l'avait saisie, et tachant de déceler dans quel état d'esprit se trouvait le ministre à travers toutes les petites choses qu'elle avait apprises sur lui au cours de ces dernières années. Ses tics, manies, attitudes corporelles... Elle capta ensuite un mouvement du côté d'Alexander et suivit son regard. Un éclat était logé dans sa poitrine. C'était pas franchement beau à voir. L'éclat. Pas la poitrine.

- Par tous les chau.... saints!

Bravo. Vraiment.

- Laissez-moi regarder ça!

Elle s'approcha rapidement de lui et écarta les vêtements de l'homme pour évaluer les dégâts. L'éclat était profondément enfoncé dans la chair et devait sérieusement lui faire mal. Avec un truc pareil, elle serait déjà entrain de bondir partout en hurlant « enlevez-moi ça !! ». Heureusement, Alexander gardait son calme.

- Ouch. C'est moche. Il faut vous faire soigner. Venez.

Sans plus attendre, elle ôta la chaussure qui lui restait, la fourra dans son sac (on se demande bien pourquoi, allez donc marcher avec une seule chaussure) puis elle le guida en le tenant par le bras, vers une des équipes de secours qui faisait son entrée dans le hall.

- Excusez-moi ! On a besoin d'aide ici. Ce jeune homme est blessé! Puis se tournant vers Alexander. Je … je suis désolée, il faut que je... je dois … il faut que je trouve quelqu'un. Vous êtes entre de bonnes mains et... je … je repasse tout à l'heure daccord ?

Sans plus attendre de réponse, elle se rua à travers la foule en quête de son frère. Mue par une folle angoisse, elle traversa le quai, guettant la haute silhouette d'Ezio. Des cheveux bruns. Des yeux sombres. Que portait-il déjà ? Son pied (nu en plus) heurta quelque chose de métallique, elle continua à cloche pieds sur quelques mètres en maudissant la terre entière, balayant toujours le hall des yeux.
Les dégâts semblaient plus matériels qu'humains. Elle capta quelques conversation entre différents membres des brigades ministérielles qui lui apprirent de nombreuses choses que son petit cerveau journalistique prit soin de noter malgré la peur qui lui tordait le ventre. On l'informa que les journalistes étaient conviés dans le Hall d'attente pour recevoir les informations officielles d'ici 5 minutes.
Et soudain, une main s'accrocha à son bras l'obligeant à se retourner avec la douceur d'un Magyar à pointe. Outrée d'être secouée comme une vulgaire marionnette, elle allait protester lorsqu'elle reconnu le visage tant attendu. Tel un boulet de canon, elle se jeta en avant contre sa poitrine, retenant les larmes que l'angoisse avait refoulées jusque-là .

- Je t'ai cherché partout. Lança-t-elle d'une voix étranglée.
- Je suis là. Répondit-il tranquillement.
- Je t'ai imaginé à moitié mort!!
- Je sais.

Sempiternel scénario. Elle s'inquiète. Pour rien. Il s'en fout. Elle se sent stupide. Grand classique. Infaillible.

- Tu es blessé?
- Non. Décoré tout au plus.
Il lui montra quelques plaies parcourant sa joue. Il appelait ça de la décoration ? Elle fronça le nez. - Et toi ? Elle crut déceler une pointe d'inquiétude dans sa voix qui lui réchauffa le cœur. Elle secoua la tête en réponse à sa question et se colla à nouveau contre lui, respira son odeur et lui vola un peu de chaleur avant de mettre ses idées en ordre.

- Ezio, il ne faut pas rester là. Ils contrôlent tout, suspectent tout le monde, et ont déjà leur propre version officielle. Murmura-t-elle. Campbell paraissait furieux derrière son calme apparent. Ne reste pas là. Lui conseilla-t-elle en appuyant ses déclarations du regard.

- Je n'ai rien à me reprocher, tu sais. souri-t-il alors qu'elle lui lançait un petit regard exaspéré.
Bien évidemment, elle était une fois de plus la seule à anticiper la suite. Carpe Diem c'est bien sympa, mais il est était parfois utile d'avoir une vision à plus long terme.
- Ezio, ça pue cette histoire. Il y avait beaucoup de monde ici. Je dois me rendre en salle d'attente avec le reste de la presse. Je crois que ça va chauffer.
Il leva les yeux au ciel, elle ne lui laissa pas le temps de protester.
- Ils contrôlent les baguettes des sorciers.
Et de baguette, il n'avait point à montrer. Ce qui ferait probablement de lui un suspect car, pour quelle raison un sorcier se baladerait-il sans baguette ? 10 ans après, elle n'était toujours pas certaine d'en avoir saisies toutes les subtilités, alors comment le pourrait un membre de la brigade ne connaissant pas Ezio ? Ils le cuisineraient jusqu'à ce que ce pauvre bougre avoue des crimes qu'il n'avait pas commis, à tous les coups.
-Ok. Capitula-t-il.

A la bonne heure.
Elle abandonna son corps chaud à regret et le fixa un instant avant d'ouvrir la bouche. Il ne lui laissa pas le temps de parler.

- Je te retrouve ce soir. Chez toi.

Sauter de joie en de telles circonstances auraient été malvenu. Mais elle devait avouer que la perspective de le garder encore un peu pour elle valait bien que le gouvernement ait du boulot. Et elle ne se sentait même pas coupable de telles pensées. Tant pis.
Elle lui adressa un dernier sourire et prit la direction de la salle d'attente où on l'avait conviée, prenant bien soin de noter au passage tous les détails qui meublaient la scène d'horreur. Elle griffonna en hâte sur un papier les quelques mots prononcés par la beuglante, prise d'un doute soudain quant à la possibilité que les oubliators s'en prennent aussi à la presse.
Arrivée devant la salle d'attente, elle marqua un temps d'arrêt. Partagée entre la curiosité dévorante d'entendre la version du gouvernement et un affreux sentiment de vulnérabilité face à tous ces membres de la brigade d'intervention magique.

Spoiler:
 


Dernière édition par Saoirse Shepherd le Dim 17 Avr - 13:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Gare de King's Cross - 29 février 2016 Dim 20 Mar - 15:13

Dans le train pour Pré-au-lard...

Dans les différents wagons, ça s'agitait. Des Aurors et autres membres du personnel ministériel assermentés à ce genre de tâches calmaient les gens et expliquait le minimum syndical. Le même manège se répéta dans chaque voiture : par deux, il passaient dans les allées et les compartiments pour vérifier les identités et inspecter chaque baguette.

Petit à petit le train devint tranquille, les gens comprenant qu'ils n'avaient pas vraiment le choix et que de toute manière ils resteraient bloqués là tant que la situation ne sera pas entièrement sous contrôle et que chaque personne n'aura pas été vue par un membre des forces de l'ordre. Il fallait donc obtempérer et patienter sans faire d'histoire.

Quand ce fut le tour du compartiment des Quinn, Serena ne pleurait plus. Le petit garçon du jeune couple assis avec eux avait sorti un jeu de l'oie version sorcier, et les deux gamins riaient aux éclats parce qu'un des pion-oies avait décidé de faire la course avec une chocogrenouille. Brenna fit taire les enfants quand les deux Aurors entrèrent. Une femme et un homme, probablement du même âge que la sorcière rousse. La femme demanda à voir leurs papiers tandis que son collègue quémanda les baguettes. Ce fut rapide. Des sorts "ménagers" comme ils disaient. Les deux mères eurent le sourire aux lèvres en réalisant qu'elles avaient toutes deux utilisé le sortilège Recurvit ce matin...

L'inspection terminée, la femme Auror expliqua que tout le monde devait rester dans le train pour le moment, et que si besoin un Auror était posté à chaque extrémité du train. Il fallait rester calme et attendre qu'on leur dise de rentrer chez eux, ou que le train parte. A ce stade, on ne savait même pas encore si la semaine de festivité à Poudlard serait maintenue.

Avant de sortir, l'homme demanda si l'une des personnes du compartiment était habilitée à procurer des soins. Tout le monde répondit par la négative. Les deux Aurors saluèrent poliment les deux familles, fermèrent la porte du compartiment, non sans avoir une fois de plus demandé à ce que personne ne bouge pour le moment, le temps que tout le train soit inspecté, puis pasèrent au compartiment voisin.

Les enfants reprirent leur jeu, accompagné de Seamus. Brenna fit apparaître quatre tasses à thé et sorti de son sac une sorte de thermos. Elle en versa le contenu dans les tasses et donna un autre coup de baguette pour mettre le tout à bonne température. Car oui, même au coeur d'une gare ébranlée par un odieux attentat, et même alors qu'elle avait plus de sang irlandais dans les veines que tout autre chose, Brenna restait anglaise. Et quand tout va mal, un anglais se doit de boire du thé.

Et visiblement, le couple était du même avis...


Aux Herbes de Brenna
Herboristerie - Développement personnel - Divination

Ouvert du Lundi au Samedi de 9h à 12h et de 14h à 18h
Fermetures annuelles du 30 Septembre au 7 Octobre et du 23 Décembre au 2 Janvier inclus, ainsi que le 2 Mai
Contact : Mrs Brenna M. Quinn, "Aux Herbes de Brenna", Charing Cross Road, Londres
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MessageSujet: Re: Gare de King's Cross - 29 février 2016 Dim 20 Mar - 21:41

Je n'étais pas mort. Du moins, pas cette fois. Pas encore. Même si j'étais mort, il y a de cela deux années en Albanie. A croire que j'étais devenu résistant à la Vie ou plutôt la Mort, car cette dernière retardait sa venue. Et à vrai dire cela ne me dérangeait nullement. Bien au contraire. En ce qui concernait la Réalité, je ne savais pas où me situer. Le monde tel que je le connaissais venait de basculer dans l'horreur et ce, en quelques minutes.

J'avais vu des blessés de guerre, une foule dense et compacte qui venait de frôler la Vie pour flirter d'autant plus avec la Mort. J'étais peut-être devenu plus pragmatique avec qui m'était arrivé, mais je me voyais mal mourir ici, et je crois que même si ç'avait été le cas, Gwenäe serait venue me chercher par la peau du postérieur et ce même dans le plus furieux des Enfers. Or, dans ce tumulte apocalyptique et ce chaos outrancier, j'avais retrouvé Saoirse.

Elle n'avait rien. Dieu merci.

Puis ce fut moi, je fus touché lors de la déflagration et un éclat, assez gros pour m'empêcher quelques mouvements simples, venait d'affoler Saoirse. En ce qui me concernait, je n'avais pas réellement mal mais je devais avouer une chose, l'éclat me picotait la poitrine. Instinctivement, je réprimais un frisson quand elle s'approcha pour une rapide auscultation. Le bilan était sans appel : je devais me faire soigner assez rapidement car c'était tout de même gênant un débris pareil fiché dans le pectoral.
Me faire soigner, d'accord. Mais où ? Je n'eus pas le temps de me poser plus de questions que je me retrouvais face à quelques personnes assermentées pour prodiguer les premiers soins. Mon regard gris-bleu scrutait les personnes allongées sur des civières de fortune, quelques-unes n'étaient pas au mieux de leur forme. Alors que je reportais mon regard sur la jeune femme, cette dernière se confondit en excuses et s'éloigna aussi rapidement qu'elle me fut apparue.


- SAOIRSE ! JE ... Il était inutile de m’époumoner, elle était déjà loin. Mais j'espère que l'on se recroisera et que rien d'autre n'arrivera. Qu'elle soit saine et sauve c'était primordial.

Une femme et un homme portèrent tout deux leur attention sur ma personne. La femme eut une moue particulièrement dégoûtée quand elle vit ma blessure, tandis que l'homme prenait place à mes côtés, sur une chaise pliante.


- Vous ne vous sentez pas groguis ? Vous avez perdu un peu de sang.
- Non ça va. Ça picote juste.
- Ça picote ?
- Attendez, je vais vous examiner. M'intima l'homme pendant qu'il fouillait dans une trousse de cuir noir, présente sur le sol. Il en sortit une petite lampe qu'il me pointa dans les yeux, tout ceci en examinant plus profondément l'éclat présent dans mon thorax.

- On doit vous retirer ça. Car je ne crois pas que vous allez rester avec une chose pareille le restant de votre vie. Par contre, ça ne risque pas de picoter simplement quand je vais le retirer.
- Ah non ! Ça c'est sûr !
- Jean. Apporte-moi des compresses propres et un verre de whisky.
- Pour ?
- Pour moi. Après cette journée, je crois que je l'aurais bien mérité.

Et pour ça, je crois qu'il avait entièrement raison. L'homme me regarda une dernière fois avant de procéder à son boulot qui était de me retirer ce truc. Au moment, où il entama sa lourde besogne, j'émis un bruit rauque, sentant bien malgré moi que l'éclat était plus profond que ce que je n'aurais pensé. Des compresses sanguinolentes plus tard et bandages assortis, je me retrouvais à boire un breuvage mis à disposition tout en scrutant les arrivées des nouveaux blessés.

Blessés qui étaient de plus en plus nombreux. Au milieu de la foule, une carrure que je ne connaissais que trop bien la fendit. C'était ma grande sœur qui venait d'accourir vers moi. Par la grâce de Dieu -je n'étais pas croyant pourtant-, elle n'avait rien. Vraiment rien. Mon beau-frère avait bien fait de la mettre à l'abri.


- Gwen' ! Que fais tu ici ? Il ne faut pas rester là !
- Je venais m'enquerrir de ta santé petit frère. Tu es blessé ? Ça va ? Elle venait de s'asseoir auprès de moi et d'ausculter toute partie de mon corps qui lui serait suspecte. Examen fini, elle ne vit que ce bandage, qui lui fit avoir les larmes aux yeux. Elle se jeta dans mes bras à m'en étouffer.

- J'ai eu si peur Lex. Si peur. Et tout ces gens !
- Je sais Gwen'. Je t'offre un verre ? Demandais-je en souriant, en embrassant ma sœur sur le front.

Et Saoirse ?

Je dois la revoir, pour m'assurer qu'elle n'a rien. Qu'il ne lui arrivera rien. Qu'elle est saine et sauve parmi ce monde devenu fou.
On doit se revoir.
Je l'espère du moins.
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The Inventive One

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MessageSujet: Re: Gare de King's Cross - 29 février 2016 Jeu 24 Mar - 9:10

L'Attaque de King's Cross - informations :Chers Voyageurs,

En raison des récents événements, nous allons différer de quelques jours le lancement du round 3 à King's Cross.
Vous comprendrez que pour diverses raisons ce sujet peut être délicat à traiter. C'est la raison pour laquelle nous avons fait le choix de reprendre le cours du sujet dans quelques jours. Ceux qui souhaitent continuer à poster dans la partie 2 y sont bien évidemment autorisés. La suite vous sera dévoilée dans quelques jours, lorsque nous aurons tous digéré ces événements inacceptables.

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MessageSujet: Re: Gare de King's Cross - 29 février 2016 Jeu 24 Mar - 22:42

Alors que le charme du bouclier s’estompait devant les Yilmaz, une nouvelle explosion retentit et, par réflexe, Pothos détourna son regard du trou béant qui laissait voir les moldus et son bras se tendit.  Tous les regards s’étaient tournés vers le cheval ailé qui était apparu au-dessus des têtes.  D’un coup sec, Pothos sentit son père l’agrippé par le coude et il le vit faire de même avec sa mère.  D’instinct, il sut que le directeur s’apprêtait à transplaner en sécurité et se prépara à subir le transplanage d’escorte.  Oh, il avait bien son permis, mais peu lui coûtait de laisser autrui le guider. 

Pothos reconnut un juron turc alors que la famille était restée sur place, malgré le pivot d’Aliçan.  L’adolescent observa son père, étonné de l’entendre utiliser un tel vocabulaire, pendant que la panique se faisait entendre de l’autre côté du portail magique démoli.  Des aurors – ce devait en être, non ? – apparurent rapidement et le premier homme d’Écosse fut escorté à l’abri.  Ils firent également office de barrière humaine et quelques sorciers de la brigade se détachèrent pour demander le calme aux individus présents sur le quai et à bord du train.  L’un d’eux s’approcha du groupuscule où Pothos se trouvait et les informa que le transplanage était impossible pour le moment et qu’il leur serait indiqué lorsqu’ils pourraient rentrer chez eux.
Le coeur du Serpentard battait à tout rompre.  La dernière fois qu’il s’était senti ainsi sans qu’un match de Quidditch ne soit en cause, c’était l’été dernier, lorsqu’il avait pris le mauvais portoloin et s’était retrouvé piégé, avec son directeur, sur une île.  Ils étaient tombés sur un homme paniqué et, bien que Pothos n’en ait rien vu, il avait entendu le combat entre Wilbur et au moins deux autres sorciers.  Il n’en avait évidemment pas parler à ses parents, histoire de ne pas leur causer d’inquiétudes.  Absorbé par ses pensées, il fallut que le brigadier lui répète sa question avant qu’il ne comprenne que l’on s’adressait à lui.

-Votre baguette, jeune homme.
-Qu’est-ce qu’elle a ?
-Mon fils a eu le réflexe de jeter un charme du bouclier, monsieur, intervint Selen.
-J’aurais besoin de la voir pour valider votre propos.
Et Pothos tendit sa baguette sans rechigner.  Un instant plus tard, sa baguette émettait un léger filet de fumée qui prit la forme d’une minuscule égide argentée.  Le sorcier lança un regard suspicieux au garçon et lui fit signe de le suivre.
-Excusez-moi ? s’opposa Aliçan
-Votre fils est considéré suspect, je lui prierais de me suivre.
-Comment ? s’étonna Pothos qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait, alors que sa mère intervenait de nouveau.
-Notre fils est resté avec nous pour la dernière heure.  Il est impossible qu’il soit impliqué dans ce...
-Je vous prierais de ne pas faire obstruction à la justice, ma bonne dame.
Le batteur reconnut immédiatement le pincement de nez de sa mère : il ne présageait jamais rien de bon.  Il tenta donc de désamorcer la situation.
-Il n’y a aucun problème, monsieur .  Je n’ai rien à me reprocher.
-Mon fils est encore mineur, débuta le paternel, parvenant à s’entendre avec le brigadier pour accompagner son fils qui gardait le menton droit au cours de cette marche honteuse.
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MessageSujet: Re: Gare de King's Cross - 29 février 2016 Mer 13 Avr - 23:55


L'incident à l'un des points de sortie ranima la détermination des forces de l'ordre, moldues comme sorcières, à faire preuve d'une vigilance sans faille. Tous étaient sur la défensive, tandis que les différents responsables réitéraient les consignes comme un leit-motiv. Dans les rangs de la sécurité, la tension était vive, presque palpable.

Sur le quai 9 ¾, l'inspection des divers wagons tirait à sa fin. Les effectifs de la police magique allèrent renforcer les rangs de leurs collègues affairés côté moldu.
Les Aurors se concertèrent et décidèrent rapidement d'endiguer les vagues de panique en lançant une salve de sortilèges de confusion, mêlés de quelques charmes d'apaisement. Une léthargie surnaturelle s'empara du périmètre immédiat : les effets des sorts étaient les plus puissants au sein même de la gare, aux abords des quais 9 et 10, mais l'on pouvait en sentir les relents jusque sur le parvis de King's Cross.

Quelques individus, farouchement délestés de leur baguette, furent escortés loin des yeux et des oreilles curieux, pour y être plus amplement interrogés. Les Aurors qui en avaient la charge évitèrent habilement les journalistes des deux camps et transplanèrent rapidement vers leur quartier général dès qu'ils se trouvèrent dans une zone hors de portée visuelle des moldus.

De leur côté, quelques spécialistes dessinaient un sortilège d'illusion afin de voiler l'accès au quai 9 ¾. La difficulté de travail était considérable. Malgré tout, très rapidement, les moldus qui auraient voulu voir la scène de plus près n'en auraient aperçu que des piliers déchiquetés ainsi qu'un épais brouillard de cendres et de poussières.


Parallèlement, les incidents se multiplièrent.
A force de zèle, certains membres de la Brigade d'intervention eurent la main un peu lourde. Des sortilèges d'apaisement devinrent de véritables sorts d'euphorie, générant des crises de fou-rire frénétique. D'autres maléfices de confusion entraînèrent des effets secondaires particulièrement violents : frénésie, déboussolement total. Un individu se retrouva même à parler swahili, sans que personne ne soit capable de dire s'il s'agissait là de sa langue maternelle.
Les tireurs d'élite et les Oubliators n'étaient pas en reste. Surchargés de travail, ils péchèrent par manque de préparation : jamais le Royaume-Uni n'avait connu une telle situation. Certains moldus virent leur mémoire balayée par des sortilèges d'amnésie trop puissants tandis que d'autres étaient rendus inoffensifs par quelques maléfices soporifiques surdosés. Les Tireurs d'élite se montraient parfois trop empressés à arrêter des suspects, arrestations qui ne se déroulèrent pas toujours sans heurts ou dommages collatéraux...

Néanmoins, l'opération dans son ensemble était loin d'être un fiasco. Aurors et spécialistes de l'interrogatoire menaient leurs investigations d'une main de maître. Moins d'une demi-heure après la première explosion, il se dessinait déjà des pistes sérieuses qu'ils comptaient exploiter tant qu'elles étaient encore chaudes. Les renseignements fournis par les différents témoins permirent d'identifier deux des principaux suspects liés à l'attaque.
Leur portrait fut aussitôt diffusé dans l'enceinte de la gare et l'information fut relayée aux média moldus et sorciers. Tous les écrans de King's Cross présentaient l'image de deux jeunes gens, en noir et blanc :


Si le visage de la jeune femme était inconnu de la plupart, nombre de sorciers identifièrent l'homme comme étant Andrew Stones, ancien leader de Pégase, condamné en 2009 à quinze ans d'emprisonnement. Prison où il était supposé être encore incarcéré...

Le 29 février - en bref :Que vous ayez pris part aux premiers rounds ou pas, vous êtes invités à contribuer à l'événement en y postant la participation de votre personnage. Pour ce faire, nous préférons des messages courts (20 à 30 lignes) afin de nous assurer la collaboration du maximum d'entre vous.
Vous pouvez bien évidemment faire plus.

Comme précédemment, vous disposez d'une période de dix jours pour participer à la suite de l'événement. Vous avez donc jusqu'au samedi 23 avril, minuit, heure du Québec, pour poster votre message.

Merci de tenir compte des informations qui vous ont été transmises, et de ne pas anticiper sur les réactions des autorités. Toutes les données vous seront communiquées en temps voulu.
Ce round est la dernière étape de l'Attaque de King's Cross à laquelle vous pouvez participer. Le 24, sera posté un message concluant l'événement.

Nous vous remercions de votre participation.


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MessageSujet: Re: Gare de King's Cross - 29 février 2016 Sam 16 Avr - 22:44

11h17 et deux whiskies plus tard.
Le type qui lui faisait face paraissait avoir passé une nuit particulièrement douloureuse. Le genre de nuit où ce qui vous a empêché de dormir relève plus de la dispute conjugale à l'étage d'en dessous qu'à une rencontre sympathique. Le teint gris, le regard vide, limite bovin et la table devant lui, embarrassée de tasses de café. Le tout couronné d'un air affable à presque vous donner envie de lui sourire pour tenter de remporter une victoire au jeu du sourire. Presque.
Shawn jeta à nouveau un coup d'oeil vers l'horloge sur le mur du fond. Plus que quelques minutes à patienter. Il attendait un client tout particulier. L'essence même du client qui recherche discrétion totale et qui paye bien. Tout à fait son genre de client. Le type d'homme qui pose peu de questions sur la provenance des objets et qui en attend tout autant sur leur emploi. Le genre d'affaire qui aurait mis à mal bien des consciences. Encore eut-il fallu en avoir une.
Affichant un air sûr de lui et déterminé, Shawn Evans, conforté par le fait qu'il était doué en affaire, aimait particulièrement ces rendez-vous. Ils étaient généralement rapides, efficaces, sans détours et extrêmement bien payés. Il commençait à avoir une clientèle fidèle et une réputation suffisante pour ne plus avoir à chercher lui même ses clients. Ils venaient à lui, attirés par son inventivité, la qualité de ses produits et certainement aussi pour sa discrétion légendaire. Il ne posait aucune question, ne s'était jamais laissé entraîner à vouloir connaître les tenants et aboutissements de ses clients, se contentant de répondre à la demande du plus offrant. Il laissait les jugements, réflexions et inquiétudes des hypothétiques conséquences de ses ventes aux bien-pensants qui passaient leur temps à déterminer ce qui était bien ou mal. Grand bien leur fasse. Moins il en savait, mieux il se portait et plus il empochait.
Il se sentait donc très particulièrement en veine aujourd'hui. Certaines journées s'annonçaient sous d'excellents auspices et ce 29 février, était à l'évidence, ce genre de journée. Il avait même hésité un court instant à mettre les pieds sur la table pour permettre à ses voisins d'attester de son bien-être.
Après avoir levé son verre en direction du pauvre insomniaque qui lui adressait un regard de vache neurasthénique, il le porta à ses lèvres et posa ses yeux sur l'écran de télévision qui lui faisait face. Un écran rouge et blanc avait attiré son attention.
Un flash spécial indiquait qu'à quelques pâtés de maisons de là, un accident avait eu lieu. Il but une gorgée et se concentra sur les lèvres de la commentatrice qui s'agitait devant l'entrée de la gare de Londres où se massait une foule nombreuse.

« Le son... » Lança-t-il avec nonchalance à l'attention du serveur en désignant le flash spécial du menton.

Ce dernier obtempéra et bien vite, tous les visages se tournèrent vers l'écran. Les gens sont friands de catastrophes. Lui aussi.
Il se rassit sur son siège et s'accouda à sa table, les yeux rivés sur la jeune femme blonde qui exposait les faits survenus quelques minutes plus tôt visiblement. Il réprima un rictus légèrement blasé. La sécurité de ce pays était à pleurer, il ne fallait pas s'étonner si ça pétait à tous les coins de rue. Il était bien placé pour savoir que tout était possible.
Les caméras se braquèrent sur des centaines de personnes qui tentaient de sortir de la gare, filtrés par tout un tas de types en costumes noirs. Shawn abandonna son air blasé pour se concentrer un peu plus sur les explications.
L'identité des types en question était tout aussi évidente que l'absence de sous-vêtements chez la présentatrice. Des Aurors.
Immédiatement, il pensa à Campbell. Le ministre était présent à King's Cross pour sa nouvelle propagande « Poudlard c'est le top , venez voir ». Tout le monde avait eu le bonheur d'en entendre parler.
De nouveau visé par un attentat ?
Dans le bar, les gens y allaient tous de leurs commentaires plus débiles les uns que les autres. A des lieues de ce qu'il se passait vraiment évidemment. Des moldus quoi. London Bridge pourrait être détruit par une armada de dragons à pois roses qu'ils nieraient encore leur existence. Pitoyable. Pratique. Mais pitoyable.
Intrigué, Shawn jeta à nouveau un œil à l'heure. Il pourrait peut-être aller jeter un œil après son rendez-vous pour en apprendre plus. S'il lui restait un œil quoi... A force de les jeter partout.
Pas de mention de la mort de Campbell. Ils se seraient débrouillés de faire passer l'info si ça avait été le cas. Ce type avait le cul bordé de nouilles. Plusieurs tentatives et toujours en vie. Limite s'il se relevait pas avec le sourire, à peine décoiffé. Un culotté. A vrai dire, Shawn appréciait l'homme politique. Ça changeait du croulant anglais qu'ils se tapaient en Angleterre.
Il haussa à nouveau les épaules et s'envoya une lampé de whisky lorsqu'ils diffusèrent les visages de deux suspects hautement recherchés.

Le bovin insomniaque, la vieille d'à côté et la mère de famille qui se trouvaient trois tables plus loin eurent l'immense plaisir de se faire doucher au whisky. Manquant de s'étouffer avec son breuvage, il sauta sur ses pieds, renversant sa table et brisant son verre à la vue des deux visages. Enfin, du sien. Pas le sien à lui. Le sien à elle. Megh. Sa Megh.

«  LE SON ¨PUTAIN !! » Hurla-t-il au serveur après avoir reprit son souffle.

Ce dernier sursauta et obéit.


Commercial particulier. SE
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MessageSujet: Re: Gare de King's Cross - 29 février 2016 Dim 17 Avr - 20:42

J'arrive pas à lâcher sa main et honnêtement, je me fais peur.

. On va pas pouvoir continuer comme ça...

Il me regarde. Je le regarde. J'ai chaud. Je frissonne.
J'avise son visage barbouillé de sang et je saisis l'occasion. L'occasion de quoi ? Je ne sais pas... J'ai l'impression de ne plus savoir grand chose. Comme si mes certitudes avaient explosé en même temps que la gare de King's Cross.
J'ai toujours ma main dans la sienne et plutôt que de la lâcher, j'en profite encore un peu. Je l'entraîne quelques mètres plus loin où je le force à moitié à s'adosser à un muret. Parce que j'ai plus vraiment d'excuse, je finis par le lâcher pour aller farfouiller dans mon sac. J'ai toujours trois-cent-cinquante-mille trucs dans mon sac. Du sécateur que j'ai oublié de rendre au père de Justin à toute une flopée de tickets de caisse de chez Tesco. À mon kit de survie. J'extirpe deux trois kleenex.


. Bougez pas.

A gestes précautionneux, j'ôte de son visage ses coulures de guerre.
Mes mains ont une douceur que je ne comprends pas et que je n'arrive pas à éradiquer.
Je serais honnête avec moi-même, je m'avouerais que j'aurais saisi n'importe quel prétexte pour initier le contact physique. Mais je préfère me voiler la face et me convaincre, effectivement, qu'à courir les rues de Londres tout ensanglantés, on risque un tout petit peu d'attirer l'attention. C'est ce que je lui prétexte à mi-voix. A mi-voix parce que j'ai la voix qui déraille si j'essaie de parler plus fort.
Alors je finis par  énoncer une banalité pour chasser le trouble de l'instant :


.Je m'appelle Sta...stasia... Anastasia.

Je sais pas. C'est sorti tout seul. D'habitude, je dégaine du Stacy à tout va et là, ça a juste pas voulu sortir. C'est peut-être aussi ça, l'état de choc.
J'ai ma main toujours posée sur sa joue. Tout. Va. Bien. Je déraille complètement.
Ma main qu'il enlève, sans brusquerie mais sans douceur, me ramène direct. La douleur habite son regard et je me sens perdue. Coupable. Et je comprends toujours rien.
Qu'est-ce que j'en ai à faire, de l'avis d'un inconnu ? Même s'il m'a sauvé ? Même s'il a des yeux à tomber par terre ? C'est pas mon genre de me soucier de ce que  peuvent penser les autres... alors pourquoi un simple froncement de sourcils m'atteint à ce point ?


- Je suis au courant, merci..., marmonna-t-il.
Ton un peu froid, à mi-chemin entre le râlage et le je-sais-pas-trop-quoi.

Et prend ça dans ta face, Grant !

Bug soudain du cerveau.
Hein ?.


. Hein ?

Des fois, j'ai vraiment l'impression de me faire écho.

. Comment ça, « vous savez » ? Vous en avez rien à faire, c'est ça ?

Et pour le coup, c'est moi qui me referme comme une huître, bras croisés, regard blessé. Je capte plus rien. Et ça m'atteint plus que ça ne devrait.
Je suis fatiguée de n'y plus rien comprendre et d'avoir cette impression tenace de nager en eaux obscures. Je pourrais juste partir. Je devrais juste partir. Mais j'y arrive pas.

Et ma fatigue semble refléter la sienne, parce que c'est d'un ton las, un peu blasé, voire déboussolé qu'il me répond :

- …
Anastasia...


Un soupir qui pourrait presque être le mien.

- À quoi tu joues ?

A quoi je joue ?
Le tutoiement me hérisse pas le poil alors que d'habitude, je déteste ça. Peut-être parce que la situation a l'air de le perturber. Peut-être parce que je sais pas trop où j'en suis moi-même. Complètement perdue serait plus juste. J'ai l'impression d'avoir la tête qui tourne un peu et je fronce les sourcils. Y a un truc qui file pas droit et j'arrive pas à mettre le doigt dessus...


. A quoi je...? Mais je...que... Quoi ?!

Vous savez, ce sentiment qu'il manque juste un truc pour que tout se mette en place ? J'en suis juste là. Je percute pas, c'est comme si j'étais juste à deux doigts de quelque chose de vraiment important. Pas envie de laisser tomber. Ce serait tellement plus facile. Mais j'arrive pas non plus à oublier qu'après deux mois de déprime totale, il est celui qui m'a donné, trente secondes chrono, le sentiment d'exister.

J'ai son sang sur les mains, son image dans la rétine, le besoin de dire quelque chose à fleur de peau...et le cerveau complètement vide. Lobotomisée.
J'ai la gorge nouée et je comprends pas pourquoi, soudain, tout ça est aussi important. Alors c'est la seule chose que je trouve à dire...


. Je...je comprends pas.

Sourcils froncés, neurones en vadrouille.




Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.
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MessageSujet: Re: Gare de King's Cross - 29 février 2016 Dim 17 Avr - 22:07

Il avait laissé ses mains parcourir son visage avec douceur sans ciller. Se contentant de se laisser porter par l'instant une fois encore, tout en essayant de repousser les vagues de culpabilité qui l'assaillaient à grand renfort d'égoïsme pour l'avoir faite sortir de la gare. Réprimant parfois un frisson au contact de ses doigts, ravalant ses soupirs et son envie de l'attirer à lui, il avait attendu patiemment, acculé au mur de cette rue où quelques témoins sur les trottoirs voisins devaient se poser bien des questions. Quelques regards s'égarèrent sur eux pour bien vite détourner la tête dans un élan de pudeur bienvenue.
Peu à peu, l'hébétude avait fait place à un sentiment d'agacement qui se faisait de plus en plus profond. Qu'elle l'ai fait passer pour un inconnu à la gare -tout aussi blessant que ce soit- pouvait être compréhensible si elle n'était pas seule. Mais en l'occurrence, au croisement de ces deux rues, soumis au seul regarde de quelques badauds qui n'avaient que faire de leurs histoires, le jeu n'avait plus lieu d'être. Il repoussa sa main avec une douceur ferme qu'il s'imposait à lui-même. Parce qu'il n'avait plus envie de se mettre lui-même dans des situations susceptibles d'être douloureuses.

Abandonnant son contrefort de pierre il s'approcha d'elle, se forçant à la regarder droit dans les yeux. Autant pour la convaincre que se persuader lui-même.

- Je comprends que vous l'ayez choisi.Vraiment. Assura-t-il sincèrement.[cornflowerblue] Mais je ne comprends pas pourquoi vous insistez pour un verre. Encore. [/color] Ajouta-t-il doucement en lui lançant un regard plus éperdu qu'il ne l'aurait souhaité.

Elle parut troublée un instant, ce qui accentua son propre malaise. Pourquoi s'entêtait-elle à nier ce qui s'était passé alors qu'ils n'étaient que tous les deux.

- Je... comment ça, encore ?

Il ferma les yeux, tentant de confiner l'agacement profond qui menaçait d'exploser en surface.

- On se connaît ? Murmura-t-elle en penchant la tête sur le côté comme si elle cherchait à percer en lui un quelconque mystère.

Son cœur manqua un battement alors que quelque chose se rompait en lui. Le fil de sa patience à bien y réfléchir. La justesse de sa comédie plus que ses paroles appuya sans ménagement sur un point sensible de son âme blessée.

- Est-ce qu'on se... Non voyons ! Explosa-t-il. A vrai dire je n'ai pas la moindre idée de qui vous êtes ! Assena-t-il à voix basse en martelant chaque syllabe qu'il prononçait. Je ne sais rien de votre vie, à peine votre nom, j'ai tout juste une idée de votre âge ! A mesure qu'il débitait des mots, sa voix se faisait plus forte, plus grave. Se connaître ? Qu'est-ce que vous entendez par se connaître ? Je n'ai pas la moindre information concernant la vie que vous menez. Vos passions, vos occupations, votre animal de compagnie ! Le nom de votre mari, de votre frère ou des amants que vous croisez dans les bars ! Tempêta-t-il en regrettant aussitôt ses mots, bien qu'incapable de les retenir. D'où vous venez, ce que vous faîtes, où vous vous rendez, si vous allez venir ! Tout cela, je l'ignore !

L'accumulation des émotions de la journée semblait agir comme une soupape qui – visiblement- était sur le point de laisser échapper toute la pression. Il se prit le visage dans les mains dans un dernier effort pour se contenir et finit par se défouler en décrochant un puissant coup de pied à une poubelle à quelques pas de lui. Un homme passa rapidement la tête par une fenêtre et s'apprêtait à riposter lorsqu'il croisa le regard furieux du barde.

- Vous avez parfaitement raison, poursuivit-il sans se soucier plus avant de l'homme ni réussir à retenir le flot de parole qui continuait à se frayer un chemin à travers sa gorge sèche. Je ne vous connais absolument pas Anastasia. Puisque se connaître va bien au-delà des grains de beauté que vous pouvez avoir dans le dos, d'une cicatrice de varicelle sous le sein ou des confidences que l'on se fait un soir de nouvel an. Si se connaître c'est avoir eu entre les mains votre état civil et posséder votre numéro de téléphone, alors Non ! Effectivement, on ne se connaît pas.

A travers ses poings serrés, il sentait la pression de ses propres doigts sur la paume de ses mains. Le sangs battait à ses tempes comme si elles allaient exploser et toute maîtrise de lui était à présent bien loin. Il respira profondément, serra la mâchoire et lui octroya un dernier regard impétueux. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas contenu une telle colère et se sentait au bord d'une fureur dont elle n'était pas l'unique responsable. Il tourna les talons et fit quelques pas vifs avant qu'elle ne le rappelle.

- Attendez...

Il s'arrêta, sans se retourner, maudissant déjà son manque de volonté à quitter une scène qu'il venait de saccager. Se mordant la lèvre, il attendit une suite. Il y avait toujours une suite .

Ne partez pas...

Il ferma les yeux, vaincu une fois encore par les intonations de sa voix et le souvenir de cette phrase qu'il avait lui-même prononcée dans ce pub, ce soir-là. Il se retourna rapidement, traversa les mètres qui les séparaient en quelques pas et se planta face à elle en lui attrapant les deux mains. Son regard s'était fait plus doux, même si on pouvait encore y déceler des traces de fureur.

- Je ne sais pas ce que vous attendez de moi. Ni même ce que je veux. Et je crois que vous ne savez pas non plus. Sa voix n'était qu'un souffle, un filet en comparaison de l'orage précédent.

Il abandonna l'une de ses main pour la glisser derrière la tête de la jeune femme et l'attira à ses lèvres pour l'embrasser avec une exaltation qui mêlait tous les contrastes de ses propres émotions, qu'elles soient colère, passion ou ardeur.

If I could tell you:
 


Scotland Homemade ...
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MessageSujet: Re: Gare de King's Cross - 29 février 2016 Dim 17 Avr - 23:03

Tout semblait bouger au ralentit. Les gens, les objets, la poussière qui retombait doucement autour d’eux. Et il y avait le silence. A vrai dire non, pas le silence. Un bourdement persistait à ses oreilles. La détonation qui avait résonné dans le hall de la gare avait brouillé son ouïe. Et puis il y avait sa respiration, l’air qui entrait et sortait de ses poumons un peu trop vite. Une nouvelle détonation et elle sursauta. Elle se rapprocha de sa famille, cherchant des yeux la source du danger. C’est là qu’elle vit le cheval argenté qui étendait ses ailes au-dessus d’eux. Pégase. Alors que le choc se dissipait, les mots de la beuglante se frayèrent un chemin jusqu’à son esprit. Mais avant qu’elle ne puisse les comprendre vraiment, la foule commença à s’agiter. Elle repéra des brigades du ministère qui commençaient à circuler. Elle sentit sa mère l’agripper par le bras, et une petite main se glisser dans la sienne, son frère sans doute. Mais elle les voyait se rapprocher, ils ne pouvaient pas partir maintenant. Les autorités sauraient quoi faire, elle voulait leur demander. La pression sur son bras se fit plus insistante, on la tirait, mais elle résista. Cet homme arrivait à leur hauteur, il leur donnerait des indications. Elle le regardait avec insistance et il dut la remarquer puisque, après avoir vu la baguette dans sa main, il lui intima de ne plus circuler, et d’attendre la fin de l’intervention. Sa mère la tira de nouveau, plus fort.

- Il faut attendre un peu.
- Quoi ? Non, Anna, il faut y aller.

Sa mère la regardait sans comprendre, tout en jetant des coups d’yeux effrayés de tous les côtés. La jeune sorcière se retourna de nouveau, essayant de comprendre ce qu’il s’était passé. Pégase avant attaqué, mais de là où elle était, elle ne pouvait voir les dommages. Trop de monde se tenait devant. Sa mère continuait à l’appeler, à lui demander d’avancer, mais elle ne l’écoutait pas vraiment. On lui avait demandé d’attendre, il fallait les écouter. Pourquoi ne les écoutait-elle pas ? Jodie se mit à pleurer, lui offrant un peu de distraction. Sa mère devait attendre, on leur avait dit d’attendre. Cependant, la foule commença à les pousser. Le mouvement de masse les emportait. Elle tenta de résister, mais sa mère qui la tirait n’aidait pas. Elle crut alors voir qu’on commençait à les rabattre et se laissa entrainer. Mais à peine avaient-ils fait quelques pas vers l’encadrement mis en place à la sortie qu’elle s’arrêta. On les triait. Elle tira sur le bras que tenait toujours sa mère.

- Maman, attends, la prévint-elle sans la regarder.

Elle entendit vaguement sa mère protester de nouveau. Qu’allait-il leur arriver ? Seraient-ils considérés comme moldus ? Ils étaient au courant de secret magique pourtant, par elle. Qu’est-ce qu’on leur ferait ? Est-ce qu’ils avaient le droit, de leur voler leur souvenir, de les trafiquer ? Un mouvement de panique au loin attira l’attention de s mère, lui offrant quelques secondes de répit. Que devait-elle faire ? Prévenir sa famille ? Et s’ils préféraient oublier ? Mais un mensonge était-il mieux ? C’était sa famille après tout. Ils avaient le droit de savoir que son monde aussi était chaotique. Elle ne savait plus quoi faire. Elle fouillait les environs en quête d’une réponse, une porte de secours peut-être. Une personne non loin d’eux éclata de rire, la scène était à glacer le sang. Un fou rire maintenant semblait tellement déplacer. Une fois de plus, sa mère l’appela. L’emprise sur son bras était trop forte et commençait à lui faire mal.

- Attends. Maman, je ne sais pas si on devrait y aller. Elle dégagea son bras, ses yeux fouillant les environs dans l’espoir d’une réponse. Attends, je pourrais poser la question, je vais…
- Non, Anna !

La sécheresse dans la voix de sa mère la coupa nette. Elle demeura la bouche ouverte. C’était la peur, bien sûr, qui lui parlait aussi méchamment.

- Anna, reprit sa mère bredouillante. Il faut y aller, on ne peut pas rester là. C’est dangereux, même toi tu ne peux rien faire. Il pourrait y avoir une autre bombe, ou des fusillades. Avec l’Etat Islamique on ne sait jamais. Je t’ai parlé des attentats de Paris, rappelle-toi ! Ils ont fait des choses horribles, on ne peut pas rester là.

Oh mon Dieu, elle ne savait pas. Sa mère attrapa la main de Jeremiah et commença à s’éloigner, tout en la fixant pour s’assurer qu’elle suive. Elle n’avait pas vu, elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas que c’était de leur faute. Elle contemplait la scène avec des yeux de moldus, sans se poser les bonnes questions.

- Maman…
- Mademoiselle.

Elle se retourna vers l’origine de la voix. Une femme, habillée de noir et visiblement sous pression reprit d’une voix sèche :

- Montrez-moi votre baguette.
- Je… Je suis de l’université, je devais accompagner les familles moldues…

L’aurore fronça un peu plus les sourcils. Anna serrait de toutes ses forces le bout de bois entre ses doigts. C’était son moyen de défense, que ferait-elle sans baguette ? Elle ne pouvait pas la lui donner, le danger était peut-être encore là. Et puis il y avait sa famille, ils étaient moldus, ils avaient besoin d’elle. Devant son absence de réaction, la femme esquissa un mouvement, se redressant comme sur la défensive. Elle se commença à se tourner, prête à demander du renfort.  Oh. Elle la suspectait. Anna desserra donc sa prise sur sa baguette et la tendit. La chargée de la sécurité s’en empara et l’agita. Pourquoi la suspectait-elle ? Elle n’avait pourtant pas la tête d’un terroriste.

- Bien, vous pouvez y aller. Ne tardez pas trop à rejoindre les points de contrôle.

Elle reprit sa baguette et la rangea immédiatement. Puis cette fois-ci, elle suivit sa mère sans un mot. Devant les postes aux entrées se pressaient une foule compacte, toute la gare devait y être réunies. A vrai dire, ils étaient dans les derniers à s’y diriger. Etait-ce cela qui avait inquiété l’aurore ? Qu’elle ne se presse pas à la sortie ?

- Chérie, qu’est-ce qu’il se passe… ?

Elle força un sourire vers sa mère et hocha la tête. Rien maman, rien.
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MessageSujet: Re: Gare de King's Cross - 29 février 2016

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Gare de King's Cross - 29 février 2016
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